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Il était une fois un malentendu

written by Glose 28 avril 2013
malentendu

Mon roman « Conte de nuits parisiennes » : extrait relatant les anecdotes de l’un des personnages, une serial-looseuse en matière de coups d’un soir…


«Il était une fois un malentendu.
Je me suis retrouvée un soir dans la chambre de bonne d’un argentin après une soirée afterwork. Bien qu’il ne m’intéressait pas, il m’était sympathique avec son air gauche, sa chemise approximative et ses lunettes surdimensionnées, sans quoi je ne lui aurais jamais donné mon numéro, même si j’avais souligné « En toute amitié ». Il m’a rappelé quelques jours plus tard et on s’est promené au Luxembourg. Je vous passe les détails de sa vie à Buenos Aires. Quoi qu’il en soit, malgré son côté chétif, il a réussi à me faire monter dans son cagibi pour un dernier verre. Au moment de partir, il a bondi et s’est glissé en travers de la porte pour me dire « Tu ne vas pas partir maintenant ?! ».
Mais que si mon petit ! J’ai dépassé mon quota de bonnes actions.
Afin de me retenir, notre cher mâle affolé me déploie son dernier atout, l’arme secrète : il me clame ses talents sexuels, certifiés et garantis par ses ex. Eh oui… l’argument est bien pitoyable. L’homme pris de désarroi perd toute imagination pour nous sortir un baratin sur sa performance physique. Comme je suis une simple femme sexuée et piquée par la curiosité, j’accepte de rester en pensant « Bon ben, on va vérifier ça. ».
Diable, que la chair est faible ! Enfin, le plus drôle arrive. Notre latino s’est mis à se déshabiller comme une stripteaseuse. J’ai trouvé ça plus kitch que séduisant, mal parti pour me concentrer sur ses fameuses performances. Au lieu de garder son slip, il m’a réservé le strip complet. Il aurait mieux valu qu’il s’abstienne : j’ai eu le choc de ma vie.
Imaginez deux chaussettes pendues avec au fond un cochonnet. Deux longs appendices charnus qui tombent de chaque côté comme les barbillons des coqs. C’est toujours mieux qu’un sexe « vers de terre », me direz-vous… Si la « forme » laisse à désirer, laissons une chance au « fond ». Comment avec sa drôle de machine allait-il me faire décoller ? Je vous le donne en mille, je suis restée sur la terre ferme : les allers-retours ont duré à tout casser, moins de trente secondes. J’ai eu la sensation d’être un sacré pigeon. Confus, il m’a certifiée que c’était la première fois. Les filles, ne vous faites pas avoir : c’est une formule toute prête de mec. À chaque fois qu’ils ont une panne, c’est la première fois que ça leur arrive, vous êtes la première à leur faire un effet bœuf. Enfin, le bla bla m’exaspère et il est hors de question que je passe la nuit avec un nullard. De plus, j’ai horreur qu’un one-shot me touche après un rapport. Une fois habillée, je me suis vite tirée.


Dans le taxi, j’ai passé en revue mes trois dernières rencontres pour conclure que l’Argentin n’avait pas le monopole du looser.
Suite à sa courte prestation, le premier a trimbalé ma télévision du salon dans ma chambre pour s’endormir tranquillement devant. Lamentable. Le lendemain, il désirait manger une charlotte au chocolat. J’ai pensé qu’il allait m’emmener dans un salon de thé. Tu parles ! Le goujat s’attendait à ce que je fasse le tour des boulangeries un dimanche après-midi en plein hiver pendant que lui restait lové sous ma couette.
Ben voyons…

Le second m’a emmené au resto et une fois l’addition entre ses mains, il m’a proposé mielleusement de l’inviter. Gonflé, il m’a sorti l’excuse que j’étais une femme active, épanouie financièrement et donc fière de mon indépendance.
Eh oui… l’auto-castration existe bel et bien.

Quant au troisième, cette starlette d’une chaîne câblée m’a bombardée de sextos pendant des mois pour passer une soirée coquine. Face à un tel engouement, j’ai fini par me prendre au jeu. Mais une fois chez moi, il m’a prise pour l’Armée du Salut : les mains vides et sans préservatif, il s’est posé et a attendu. Il fallait même en plus fournir les préliminaires à ce guignol…

Bref, spécial dédicace aux mères des années 70’ qui, en suivant les conseils avisés de Françoise D., ont engendré un bataillon d’enfants rois gâtés agissant comme des mufles, au lieu de délicats gentlemen.

Du coup…
FUCK le romantisme ! »

 

 

Extrait du CHAPITRE II, partie 2 – « L’argentin »
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