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Comment j’ai eu… 40 ans

by Glose
Comment j’ai eu… 40 ans

Comprendre : se détacher du regard et de l’avis des autres, relativiser, passer un cap, arrêter de vouloir être gentil, avoir moins peur, râler en public, répondre en public…

 

À 39 ans, la 4e décennie s’annonçait être la grande inconnue. N’ayant ni plan, ni projet comme j’en fourmillais à 30 ans…
À tel point qu’elle m’a lessivée la trentenaire avec ses dettes de sommeil en cascade. À force de balayer sous le tapis ses excès de fatigue, elle a laissé un lourd fardeau à la prochaine Moi, la suivante, la Quadra, …

À 40 ans, la balayeuse que je suis a trop de métier pour continuer à se baisser et passer le balai. Je suis arrivée à 40 piges sur les rotules. Un terrain propice à pas mal de ruptures… Qui avec le recul, étaient salutaires. Car à force de prendre des baffes, j’étais comme ce frêle roseau qui plie sous la bourrasque mais ne rompt pas. Seulement, le roseau de la Fontaine n’a pas dû prendre 50 ouragans Katrina dans la gueule…

 

○ Et tout part en c… ○


La première rupture intervient 3 mois après mon 40e anniversaire. J’avais rencontré un homme en constante demande. Très gentil, gentleman, câlin, ça faisait longtemps qu’un homme ne m’avait pas traitée en princesse de Walt Disney. Après m’être dit « Et pourquoi pas ? Laisse-toi aller… laisse sa chance au produit comme dirait un ami », du jour au lendemain, je n’ai plus eu de news. C’est presque un classique… la routine. Ne serais-je donc jamais cette Madame Bovary, cette femme mariée qui s’ennuie, qui rêve de rencontre discrète ? Moi aussi je veux m’ennuyer auprès d’un seul homme. Non mais…
J’ai su quelques jours plus tard que ce ghosting était dû à un mal être. Encore un dépressif. À Paris, ils sont une armée.  Tout un bataillon à larguer dans des pays en souffrance, je vous dis, moi. Seulement, quand je pense que ce sagouin est venu me chercher, me solliciter et le lendemain, il me jette comme une chaussette usée aux relents nauséabonds, j’en ai eu ma claque.
C’était la chaussette de trop…

Dans la foulée, il s’en est suivi  un craquage au bureau. Pour être honnête, cela faisait un moment que ça n’allait plus mais ma dextérité à passer le balai avait refoulé un malaise qui ne passait désormais plus sous le tapis. Entre un plan social, une mise au placard, un conflit de valeurs, une perte de sens, la réappropriation de mon travail par d’autres et une équipe qui avait fondu comme neige au soleil, j’ai fini par pleurer en pleine réunion. Résultat : j’ai été infectée par le mal du siècle, le burn out.

J’ai repris les chemins du tripalium 3 mois plus tard. On m’a collé une intermédiaire entre mon responsable et moi avec qui le torchon brûlait. Mon travail ne consistait plus à faire de la conception mais à faire le suivi de tâches techniques. Tous les 15 jours, cette nana me mettait la pression pour savoir ce que je voulais faire et si j’en étais capable. Et un jour, j’ai crié « Stop ». Je lui ai sommé d’arrêter de me traiter comme une sous-merde et que sa condescendance, elle pouvait se la garder où nous pensons tous.  Le lendemain, elle a été comme par hasard plus affable…

 

○ Libérée… ○


 

Un abcès s’est alors crevé. Quelque chose en moi s’est libéré…
« Sachez vous taire quand il faut et répondre quand il faut ».  Voilà ce que je retire de mes 40 ans qui fut une année de transition. Je ne pouvais pas continuer à vivre sur le même modèle, un modèle usé, inadapté pour une femme de 40 ans.  J’ai arrêté d’être une jeune fille par certains aspects, une lolita vieillissante. Et tous les domaines ont été touchés. Je ne minaude plus, je ne mets plus en avant ma fragilité comme un bouclier défensif. J’ai plutôt envie de sortir mes griffes en cas d' »attaque frontale ». Je n’ai plus envie de jouer, de plaire, je n’ai plus envie de séduire ni d’être séduite. J’ai plutôt envie de moments simples et sincères.
J’ai beaucoup tardé à dire non, à éclore et à me libérer de mes entraves.
Late bloomeuse… je suis.

Je souhaite à tout le monde, d’avoir ces 40 ans-là, c’est-à-dire libérateurs, qu’ils soient un cap bénéfique. Pour ma part, j’ai eu un début de quarantenaire sur les rotules, en souffrance mais avec une délivrance à la clé.
Je n’ai désormais plus d’exigence démesurée, ni l’envie de vivre tous les jours ma vie comme dans un conté de fées, de vouloir l’extraordinaire et des bulles de champagne dans mon verre chaque jour. Je veux juste être heureuse et être bien dans ma peau.
Et qu’on ne me fasse plus chier…
Surtout.

 

 

 

 

 

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