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Sur le palier : de l’écriture à l’influence Instagram en passant par le blogging

by Glose
Sur le palier : de l’écriture à l’influence Instagram en passant par le blogging

« Un poil désaxée, ma silhouette gauche sur le palier » est une image qui me hante parfois. Une métaphore illustrant la sensation d’y être « presque arrivée« . Oui presque. Mais arrivée à quoi ?

Après moult efforts, marches et embûches, je suis parvenue à ma destination. Mais je reste connement plantée devant une porte.  Je suis à deux doigts d’atteindre mon but mais l’entrée est verrouillée, j’ai pas la bonne clé, la porte demeure définitivement muette. De l’autre côté de la porte, la fête bat son plein. Des amis, des connaissances arrivent sur ce même palier. Ils me voient et m’interpellent :
– Salut, comment tu vas ? Ça fait plaisir de te voir ? Tu entres ?
– Oui…
Puis PAF! La porte les aspire et se referme violemment sur moi. Je ne fais manifestement pas partie du « Club ».
Une perception salement désagréable…

 

 

○ L’écriture … ○


 

Cette image m’est apparue la première fois au moment des retours de mon second manuscrit. Après avoir écrit une dizaine de versions, je suis arrivée à un résultat plus que correct. Les gens ont plutôt aimé, d’autres moins et certains ont adoré sur Amazon*. J’ai eu des contacts dans le milieu de l’édition, j’ai des amis d’amis travaillant dans ce milieu et j’ai même eu des gens intéressés. Mais rien n’a abouti. J’étais à deux doigts de publier mon roman, le rêve de toute une vie : il y a eu des « presque » et puis plus rien, l’oubli, le néant.
Et à côté, j’ai des amis, des proches, des connaissances qui ont obtenu ce Graal : « le titre d’auteur, d’écrivain ou de romancier » en étant publiés par un éditeur.
– « Ah machin a sorti un livre »
– Trucmuche aussi.
– Et toi, tu en es où ?
– Moi ?…

Je suis très heureuse pour les autres. Je le suis tellement souvent que le masque « Félicitations, quel bonheur !« , est greffé sur mon visage. Et personne ne voit qu’une partie de moi est touchée. Et plus le temps s’écoule, plus de personnes de mon entourage deviennent « Auteur » et plus ma confiance s’effrite. Lorsqu’il y a peu d’élus, on se fait une raison. Mais lorsque tout le monde obtient le pass sauf vous, ça devient un poil agaçant.
Connaître autant de personnes vivant votre rêve renvoie à ses propres failles et fragilités. Même mon piston est naze. Si autant de monde y arrive et pas toi ? Tire tes conclusions bichette… :/

Cette image pourrait s’effacer au fil du temps, je pourrais quitter mon palier, mais non…


*  Publié sur Amazon en 2012 mais la dernière version n’est pas celle qui est en ligne. N’achetez pas !

 

○ Blogueur VS Influenceur Instagram ○


Pourquoi ?
Parce qu’aujourd’hui la fête se multiplie, les portes sont plus nombreuses et je vois encore plus de gens entrer ! Mais c’est toujours le même manège, elles me restent fermées.

Je parle des portes de l’Influence.
Je suis « blogueuse » depuis 8 ans bientôt 9 ans. Honnêtement, je ne m’attendais pas à ce qu’il devienne « pro » avec des demandes de collaborations, des invitations à des soirées et à des voyages de presse. Ça n’a jamais été le but. Je voulais juste écrire des textes courts parce que les longs… (CQFD, l’histoire du palier ci-dessus).  Bref, on peut dire qu’il a « explosé » par rapport à mes attentes où je demandais juste un retour sur mes textes.  Rien de plus. Dans le monde de l’édition, à partir de 5000 livres vendus, on parle de best-seller. Si on compte le nombre de visiteurs uniques par mois du blog, quelque part, j’en ai des best-seller grâce à quelques articles « long-seller ». Et donc, on n’y croit un peu, toute proportion gardée, sans non plus prendre la grosse tête. Je ne suis pas « Le blog de Betty » ni « Garance Doré ».
Puis est venu Instagram et sa cohorte d’influenceurs. Au début, ils étaient inoffensifs. On y publiait des photos de poubelle magnifiées par un filtre vintage, des selfies mal foutus mais rigolos, des photos de vacances mal cadrées mais stylées par le format polaroid de l’appli. Puis l’appli a été prisée par des photographes high-level, des girls next-door au dressing de Carrie Bradshaw, puis les mannequins et la TV-réalité s’en sont emparés. De quoi faire exploser les compteurs, « le million » qui frôle l’indécence. À côté de ces chiffres vertigineux, le blog a pris moins de valeur pour les agences, marques et même le péquin lambda qui ose d’abord demander quel est ton insta, l’effronté. Déjà, qu’un livre c’était long à lire, si aujourd’hui le papier de blog fait figure d’objet littéraire pour bac +7 à coté d’un texte de post Insta...
Bref, la valeur du texte s’amenuise comme une peau de chagrin. Bon je caricature. L’écosystème du blogging n’est pas si noir mais il n’est pas violet-orange-rose

 

○ Les influenceurs nés des réseaux sociaux ont tout raflé ○


 

Question d’époque. Il faut vivre avec son temps, celui des jeunes et des réseaux sociaux…
Il suffit de lire les articles traitant de l’influence pour s’en rendre compte. Un exemple : « Combien faut-il payer les influenceurs pour un partenariat Instagram, Youtube, … ? ». Pas un traître mot sur le blog. Rien, nothing nada. À croire que les partenariats blogs ont littéralement disparu du paysage. On en conclut qu’un vrai influenceur qui se respecte se doit d’avoir un gros compte sur les réseaux sociaux sinon il a rien compris. Je reçois régulièrement des messages de plate-formes qui mettent en relation annonceur et blogueur pour des collabs. Ils te demandent de postuler pour des campagnes Instagram. Puis quand vient le moment de pousser le bouton « OK », t’as ce message :

« Attention, l’accès à certaines campagnes peut dépendre du nombre de followers que tu as ! »

Sans cesse, on te rappelle que tu as un petit compte. SANS CESSE !

(Source : business.teester.com)

Avec 6,3 k de followers, je suis étiquetée nano-influenceur.
Alors sur le palier de l’influence, je me retrouve de nouveau à la porte. Mais là les gens sont nettement moins friendly
– Ah salut, tu vas à la fête ? T’es qui ? C’est quoi ton Insta ?
– C’est @glose.
Il regarde puis fait une gueule de dégoût à peine simulée. Et ciao Bye. Là, je caricature à peine mais à peine…
Ces personnes ne prennent même pas le temps de savoir ce que tu fais, quel est ton univers, si tu as un compte « quali », tout ce qui les intéressent c’est le COMPTEUR. Tu fais partie des influenceurs à grosse bite ou pas ? Le quantitatif le remporte sur le qualitatif (attention, on peut avoir un petit compte insta tout pourri et un gros compte insta quali). Alors certains gros influenceurs ne réagissent pas comme ça face au nano et micro, ils s’abonnent sans jamais se désabonner dès que tu as le dos tourné (vécu des dizaines de fois) mais ils sont moins nombreux. C’est un fait.
Bref t’existe pas. Ils finissent par même plus te voir sur le palier…

Il y a environ 3 semaines, j’ai rencontré un influenceur affichant fièrement ses 300k, gagnés grâce à la Tv-réalité. Je peux vous dire que j’étais aussi insignifiante que la poussière sur sa chaussure. Comme 3 systèmes solaires nous séparent, tout va bien. On a rien à voir et nos communautés non plus.
Mais le coup de grâce est venu de l’esthéticienne :
– Vous avez un blog ?! Mais ça existe encore ça ?

Le blog, cet obscur objet du web, ce nouveau OVNI…
(objet virtuel non identifié)
Tout ça sent bien le sapin…

 

 

○ Glose – 2011-2020 ? ○


Le blog est tombé en désuétude quelque part et j’en suis venue à avoir honte de mon compte Instagram. Dès que tu es en présence d’influenceurs Insta, tu es préparé à la gifle ou tu évites de donner ton compte.
J’y passe pourtant beaucoup de temps et d’énergie mais ses followers sont 5 fois moins nombreux que le blog. Il faudrait en faire encore plus ? Je suis quand même un peu fatiguée de cette course aux likes, aux followers, à l’influence. Même les jeux concours n’attirent plus autant de participants. Il faudrait encore proposer plus ? Toujours plus ? À l’ère de l’infobésité, je comprends que les utilisateurs soient saturés de la masse exponentielle d’informations et qu’ils préfèrent s’arrêter 3 secondes sur une photo inoffensive qu’un texte qui leur prendrait 10 minutes. Il est bien plus difficile qu’il y a 8 ans pour un blogueur de sortir du lot et de proposer un contenu qui engage dans ce flux continu et surchargé d’informations, de posts, d’articles, de vidéos…

Je suis en pleine réflexion concernant l’avenir, la ligne édito du blog et de réseaux sociaux qui ne sont plus ses satellites depuis longtemps mais des médias à part entière avec une communauté différente que celle du blog. Eh oui… scoop : la plupart des lecteurs de ce blog ne me suivent pas sur Instagram. Sur Instagram, mes followers ne vont pas sur le blog.
Bref, je me pose beaucoup de sérieuses questions pour 2020. Le paysage de l’influence a profondément changé structurellement en l’espace de 5 ans et il serait peut-être temps de s’adapter plutôt que de noyer mon énergie dans un verre d’eau.

Si seulement j’avais ces 10K…
Une poussière pour ces influenceurs à 6 chiffres et les agences mais pour moi… un vrai palier.  Combien de paliers faut-il encore se taper ? Le plus sage serait-il de patienter dans un tonneau et de regarder tout ça avec philosophie ? Ou même de redescendre ? J’y pense, aussi…

Mais vous voulez finir sur une bonne nouvelle ?
On a besoin des nano-influenceurs : « Les nano-influenceurs, nouvelles coqueluches des marques« , « Nano et micro : comment mixer les nouvelles stars de l’influence pour une campagne réussie ?, etc.

Il y aurait donc des portes avec des petits paliers. Et je n’ai même pas vu que ces portes-là s’étaient ouvertes tellement je râle. La fête y est plus discrète aussi.
Mais dans cette course à l’influence, je me demande parfois où est mon plaisir d’écrire et de créer dans tout ça.

That is the question…

 

 

 

 

 Si les nano-influenceurs sont la coqueluche de certaines agences, m’en fous moi. Je préfère balancer sur ton écran un compteur à 6 ou 7 chiffres que 4 😛

Instagram, le prix d’un post sur un vrai compte d’influenceur·se de 50.000 followers varie entre 250 et 750 € …

… Oui ça laisse rêveur

 

Mais ce monde est-il pour moi ?

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7 commentaires

Evangeline 26 novembre 2019 - 17 h 29 min

Avez-vous envisagé de passer par Librinova ? C’est un site d’auto-édition qi est vraiment pas mal et qui a permis à plusieurs auteurs d’obtenir des contrats d’édition avec des maisons d’éditions traditionnelles et ils ont le programme Agent littéraire qui, selon les paliers de ventes, atteint donne accès à un suivi personnalisé. Je trouve que c’est plutôt pas mal. Après je ne sais pas comment ça fonctionne pour les livres qui sont déjà publiés. Il y a peut-être quelques chose à creuser par là pour booster la visibilité de votre livre.

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Glose 27 novembre 2019 - 5 h 50 min

Bonjour Evangeline,

Je ne connaissais pas du tout. Merci en tout cas pour toutes ces informations, je jetterais donc un œil merci !

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Sheily 27 novembre 2019 - 22 h 58 min

Comme je le disais dans mon article : le blog est mort, vive le blog ! Car le blog c’est chez toi et personne ne peut te mettre dehors. Et puis Google est l’ami des marques qui veulent du SEO de qualité. J’ai plusieurs demandes par semaines (non sollicitées) pour des posts sponsorisés. Forcément, au regard du ranking de mon mon blog.
Quant aux marques (et là je reprends ma casquette pro), elle finira bien par comprendre… Dans mon plan influence pour 2020, je vais travailler exclusivement avec des blogueurs, quelle que soit la taille de leur communauté Instagram. Car je sais où se trouve le Graal … Sur ces belles paroles, Long Live our blogs !

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Glose 5 décembre 2019 - 15 h 21 min

Ah ça on est bien d’accord : le blog c’est chez bibi ! C’est vrai que Google est mon ami, bien plus qu’Insta, même si l’algo du moteur de recherche reste parfois obscur.
Moi aussi, j’ai des demandes sponso mais pas toujours intéressants. J’en accepte 1 sur 2 en gros. Concernant le ranking, je pensais que cette donnée était abandonnée. En tout cas bravo pour ta prise de position, c’est un pari ! Mais pas si risqué à y réfléchir car ce sont les mentions et textes qui perdurent sur le net et non les posts volatiles d’Insta qui ne sont même pas référencés par Google lors d’une recherche…

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LaRox’Style 29 novembre 2019 - 16 h 04 min

Et bien tu vois je te suis sur Instagram et je viens avec plaisir te lire par ici. Tu as une belle plume et c’est si agréable de rencontrer de vraies personnes qui ont de vrais avis ! Bravo pour ton parcours. Tu as 9 ans de blogging à ton actif et tu n’as pas à rougir d’être une formidable nanoinfluenceuse ! Soyons le ensemble avec passion ! Et pour les tarifs que tu annonces je crois que tu peux même augmenter encore un peu les prix. Et personnellement je n’ai aucune honte à exiger un tarif pour certaines campagnes alors que je suis encore une nano. Je suis fière de mon travail et j’impose aux marques d’en prendre conscience. Sinon bye bye ! Dès fois il faut juste se faire confiance

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Glose 5 décembre 2019 - 15 h 09 min

Tu fais partie d’un club dont les membres sont très rares : ceux qui cumulent ! Merci en tout cas pour ton commentaire, il tombe à point nommé. Je pense que je vais m’accorder une pause à la fin de l’année pour reprendre mes manuscrits…
Et ben c’est malin, c’est fait, je rougis !
Les tarifs sont ceux vus dans un article. En tout cas, je ne suis pas concernée par ces tarifs. Un jour peut-être. Mais tu as complètement raison d’assumer totalement d’autant plus que tu fais un travail de qualité allié à une trop rare authenticité et un vrai talent de partage. Je devrais prendre de la graine sur toi ! En tout cas, quelle maturité pour ton âge !

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Bertrand 12 décembre 2019 - 13 h 13 min

Je connais quelques « gros » youtubeurs qui conseillent des marques sur le sujet et arrivent pas à leur faire rentrer dans la tête qu’un micro ou nano ça convertit mieux , tu peux vraiment faire des partenariats dans la durée car c’est pas des hommes sandwich…. mais les marques continuent à acheter du follower au lieu d’acheter de la pertinence.
A pleurer.

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