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Etre ou jouer à la poupée…

by Glose

A l’ère de « l’égalité des sexes », la logique est de tendre vers l’effacement de certains particularismes féminins et de s’approprier un grand nombre de codes masculins.

Que ce soit sur le plan physique (port du pantalon, baskets, cheveux courts…) ou sur celui des comportements (fumer, voter, travailler, mœurs sexuelles, transmission du nom de famille…), la femme s’est toujours battue pour acquérir les mêmes droits que l’homme voire lui ressembler. Aujourd’hui, le deuxième sexe se trouve confronté à un nouveau trouble, une prochaine bataille…

Laquelle ? Il y en a plusieurs. La sexualisation pour les unes, la lutte anti-âge pour les autres. Ou résumé en une seule formule : la perte des repères et de la définition des rôles.
Une chose n’a pas changé à travers les temps, la beauté a toujours été l’’apanage des femmes. Depuis des siècles, la femme a toujours eu recours à des produits de beauté pour conserver au mieux sa fraîcheur et se mettre en valeur, afin de rester séduisante. En revanche, l’hypersexualisation qui sévit depuis quelque temps, est un nouveau phénomène dans notre société occidentale. Où quand les petites filles deviennent de manière précoce des petites femmes sexuées, des adultes en modèle réduit. Sur le plan vestimentaire, on a des strings pour enfants et des soutiens-gorge push-up. Sur le plan cosmétique, il existe des centres de beauté réservés aux petites filles (Spas kids), un maquillage dédié, et certaines mères n’ont aucune hésitation à offrir des seins à leur fille ou du botox. Sans oublier les nouveaux jouets : poupons à allaiter, et autres barres de pole dance.
Jouent-elles encore à la poupée ? Ou s’amusent-elles plutôt à l’être ?
Les concours de mini-miss restent une démonstration frappante de ce phénomène. On se retrouve face à l’apothéose de l’hypersexualité : entre les poses suggestives singeant les adultes, les tenues légères et le maquillage outrancier. Regardez cette mini-miss America… Elle n’aurait pas comme un air de mutante ?

A qui la faute ? Toujours les mêmes. Ceux qu’on diabolise, qu’on décrie, qu’on invective. Bref, les médias seraient responsables. Mais pas seulement. La faute aussi à une nouvelle stratégie marketing des marques et donc à notre société de consommation qui cherche toujours de nouvelles cibles et à créer des besoins. Et ici,  la proie serait la petite fille, vue comme une femme à part entière.
Au lieu de prendre tout pour argent comptant, d’avaler toutes les images, de boire tout ce qu’on dit, il serait peut-être temps de développer un esprit critique face à cette profusion de visuels sexués que nous balancent les médias, non ? En attendant une nouvelle représentation de la société, la prise de conscience des parents ou l’appel systématique d’une approche critique, que fait-on ? On imite, on singe… les stéréotypes sexuels idéalisés.

A contrario, les adolescentes marquent un retour à l’enfance avec le style Sweet Lolita une mode où l’on s’habille  comme des poupées en porcelaine. Et les femmes, elles, préfèrent ressembler à des jeunes filles. Il y a celles qui poussent le vice jusqu’à ressembler à une poupée (Souvent Barbie), celles qui aiment porter des uniformes scolaires (de préférence lors d’actes consentis entre adultes), et celles qui jouent… à la poupée. Oui vous avez bien lu. Des femmes se passionnent pour cette poupée plus vraie que nature : le bébé reborn.
Finalement, je ne sais pas ce qu’il y a de plus déstabilisant entre ces enfants qui se métamorphosent en poupée sexuée et ces femmes qui  jouent à la poupée. Et là… on ne peut pas tout mettre non plus sur le dos des médias…

Bébés reborn :

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C’est du portugais mais les images sont parlantes…

Entre celles qui veulent se vieillir et les autres qui veulent rester jeunes, leur point commun : être ou jouer à la poupée. Une formule qui sous-entend de tendre vers un âge idéal ou vouloir y rester. Et dans notre royaume des apparences, ce comportement peut être sujet à controverse.

Les hommes doivent nous regarder d’un drôle d’air. Allez faites un effort les mâles, rejoignez le monde perturbé et riche des femmes ! En fait, c’est déjà fait. Hé oui… si les hommes ne portent pas la tenue d’écolier -l’habit ne faisant pas le moine –  ils ne sont pas pour autant épargnés par ce jeunisme ambiant. Si eux aussi se préoccupent depuis une bonne décennie de leur apparence, de plus en plus ils retardent leur entrée dans l’âge adulte. Par fuite de l’engagement, des responsabilités, ou par jeu.

Bref, ils peuvent rire de nos travers, ils ne sont pas mieux lotis. Nous sommes dès lors bien égaux… Mais sous la forme d’une certaine insouciance et d’un certain jeunisme. Comme à l’époque où nous étions des enfants asexués…

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Photo de Une : Alain Delorme, série « Little dolls« 
J’adore cette série photos qui a d’ailleurs été récompensée.

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10 commentaires

Musardin 16 juin 2011 - 12 h 43 min

mmmouai ! perso je pointe d’emblée les parents avant tout pour l’histoire des minimiss, ces femmes névrosées qui projettent tout un tas de complexes castrateur et sur leur enfant. transformer son enfant pour en faire un avatar érotique n’est pas anodin, ces mères projettent aussi (sans doute de manière inconsciente) de graves pulsions libidineuses sur leur progéniture. … mais bon… pour ce qui est des adultes qui régressent, le coup de l’uniforme de lolita est désuet… bienvenu dans un monde ou désormais les adultes « consentant » tétine dans le bec en se font joyeusement dessus, bien au chaud dans leur confortable couche culotte (spécifiquement dédiée à ce genre de trip)… après cela, ce n’est qu’un complément d’info ou une opinion perso, loin de moi l’idée de les juger, c’est étrange, bizarre, mais bon c’est dramatiquement humain 😀 enjoy 😀

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Glose 16 juin 2011 - 13 h 30 min

Ah oui il existe aussi des couche culottes dédiés à ce genre de trip ? On en apprend tous les jours…
Sinon j’aime beaucoup le « Dramatiquement humain », jolie formule à reprendre !

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Musardin 16 juin 2011 - 15 h 39 min

yep 😀 des langes grande taille pour accompagner un bon suçage de pouce… cf:http://fr.wikipedia.org/wiki/Infantilisme

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Glose 16 juin 2011 - 20 h 04 min

Du coup, en surfant un peu sur l’infantilisme, je suis tombée sur le concept de pédofolie : http://www.alapage.com/m/ps/mpid:MP-316CFM3105244#moid:MO-0E057M6478647

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Anonyme 21 juin 2011 - 2 h 10 min

Je voulais juste revenir sur deux points. Le premier: l’égalité des sexes: j’ai discuté il y a quelques années avec une personne qui a assisté à une conférence d’une femme dont le nom m’a échappé depuis. Celle-ci voulait carrément gommer nos différences par la médecine: traitements (hormones notamment), ne faire naitre les enfants que via des « couveuses » comme les prématurés, modes vestimentaires uniques,… . J’ai alors compris que je n’étais pas profondément pour l’égalité des sexes, mais fondamentalement pour l’équité. Deux concepts totalement différents.

Enfin je voudrais donner mon avis d’homme, enfin plutôt un témoignage. J’ai considérablement mûri vers 19 ans, lors que je suis entré dans mes études supérieures. Aujourd’hui, j’ai même l’impression d’avoir d’un seul coup méprisé mon adolescence : j’ai coupé mes cheveux, changé totalement ma garde robe, arrêté les jeux vidéos, laissé tomber mes passions,…

Aujourd’hui (4 ans plus tard) je suis toujours en études supérieures, mais j’ai trouvé une certaine stabilité du coup j’ai reconsidéré le chemin parcouru et je suis en pleine phase d’adulescence. J’achète des mangas et des jeux vidéos, je me relance dans toutes mes passions, je me lâche beaucoup plus et donc je m’assume beaucoup plus.
Étrange phénomène non ? Bizarrement je vois les filles bien plus matures que nous dans leur désirs de rester jeunes. En fait, la différence c’est que nous sommes plus dans un « délire régressif », c’est à dire lâcher un peu le côté sérieux du monde adulte, donner un coup de pied dans tout ce qui est « sous contrôle ». Alors que vous, selon moi, cherchez plus à « garder le contrôle » sur le temps, sur la vie.

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Gloseblog 22 juin 2011 - 9 h 09 min

Très intéressant ton commentaire à plusieurs points de vue…
Je suis d’accord avec toi concernant le concept d’équité. Sa vision du monde (celle du maître de conf) est effrayante voire abominable.

Et le phénomène que tu vis à ton niveau est finalement un phénomène de société. Ce serait intéressant d’avoir d’autres témoignages comme le tien,  d’hommes sur ce retour à des jeux « d’ado ».

Je n’y avais pas pensé mais ta remarque est judicieuse : hommes et femmes sont confrontés à ce trip régressif, mais non pour les mêmes raisons. Pour les uns c’est lâcher la prise, pour les autres c’est garder le contrôle. Et tout ça pour un résultat identique. A creuser…
Très intéressant sociologiquement parlant !

Je te remercie encore pour ton intervention !

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Musardin 1 juillet 2011 - 14 h 45 min

Pfiouuu, j’ai aussi trouvé l’analyse très pertinente… et je me suis aussi senti visé… bon d’un autre coté j’en suis aussi très fière… geek, gamer (PC, MMORPG, etc…), joueur de jeux de rôle, petit lutin teufeur (soirée et festivals de musique trance ou j’aime retrouver cette si joyeuse atmosphère de cours de récréation géante)… que du bon dans cette régression 😀

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Dans la série, je comprends rien à la mode : Walt Disney Glose - blog parisien urbo-culturel décalé, chroniques et photos 12 mars 2012 - 14 h 02 min

[…] à récupérer et à s’approprier les icônes de l’enfance ? (Lire « Etre ou jouer à la poupée » )  Le nouveau défi de la mode semble être de déconstruire nos repères, brouiller […]

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En poussette Simone 19 mai 2014 - 19 h 20 min

On projette tous beaucoup de choses sur nos enfants… mais ces personne vont manifestement un peu trop loin !!!

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glose 21 mai 2014 - 10 h 32 min

On vit dans un monde « formidable »…

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