Home Carnet parisien Théâtre : « La peur » de Stephan Zweig (Paris 8e)

Théâtre : « La peur » de Stephan Zweig (Paris 8e)

written by Glose 23 novembre 2016
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LE PITCH : Irène Wagner, trentenaire bourgeoise délaissée, trompe son avocat de mari très investi dans son travail jusqu’au jour où la femme de son amant la coince à la sortie de son immeuble. En échange de son silence, Irène accepte son odieux chantage. Dès lors, Irène vit dans la peur…

 

 

○ La peur ○

La Peur est une nouvelle de l’écrivain autrichien Stefan Zweig publiée en 1920 à Berlin.
Adaptée au théâtre, la pièce resitue l’action à Vienne dans les années 50′-60′ si j’en crois le décor, les pubs radiophoniques et les costumes de ses personnages. Et il y a bien entendu une volonté très claire de reprendre les codes Hitchcockien par son climax, l’esthétique cinématographique, une héroïne tourmentée, les doutes, la paranoïa. Il ne manquerait plus qu’un caméo…
La mise en scène est originale, rondement bien menée, illustrant à merveille le vertige de l’héroïne et les décors sont ingénieux : chapeau bas.

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La pièce étant un succès public applaudie largement par la critique des spectateurs, je me suis donc laissée tenter. Le soir du 11 novembre, le théâtre affichait complet.
J’ai eu du mal lors de la première partie de la pièce à comprendre cet engouement. Le texte ne brillait pas spécialement par son style littéraire, l’intrigue démarrait lentement. Mais au fur et à mesure que le temps s’écoulait, l’étau se resserrait sur l’héroïne, la tension montait et l’histoire devenait plus haletante.
À vrai dire, ce sont les 20 dernières minutes qui m’ont happée à tel point que l’actrice incarnant le rôle d’Irène m’a émue, j’avais presque la larme à l’œil. Elle a visiblement touché une corde sensible. Son jeu est intense et d’une justesse rare. Le second rôle féminin joue aussi à la perfection. Mais l’actrice Hélène Degy, habitée par Irène, retranscrit à merveille les angoisses du personnage traqué par une femme froide et sans vergogne.
Bref j’ai été soufflée par sa performance qui m’a scotchée. C’est très personnel. Mon amie a préféré le jeu du mari…
Le dénouement final débouche sur un tas d’interrogations personnelles :  le couple, la lâcheté, la peur, qui est donc… ? Qui a trahi qui ?… je ne finis pas mes phrases pour ne pas spoiler…

Bref, j’en suis ressortie un peu troublée.
Et finalement j’ai beaucoup beaucoup aimé.
Et j’ai beaucoup beaucoup applaudi…
Et forcément je la recommande… ♥♥♥

 

 

○ Informations ○

Théâtre Michel
38, rue des Mathurins 75008
Théâtre (~ 350 places)
Jusqu’au 31 décembre 2016

Auteur : Stephan Zweig
Artistes : Hélène Degy, Aliocha Itovich, Ophélie Marsaud
Metteur en scène : Elodie Menant
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