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Le charme désuet des magazines féminins des années 40′-50′ #1

written by Glose 28 septembre 2013
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Dénichés lors d’une brocante, je suis tombée sur une pile de vieux mags’ féminins sortis tout droit du grenier d’une maison d’un village près de Clermont-Ferrand. Comme quoi, il y a vraiment de sacrés trésors dans les combles de grand-maman…

C’est un régal de feuilleter un magazine féminin datant des années d’avant et d’après-guerre. Il y a d’abord le plaisir du chineur : celui d’humer l’odeur émanant de ces vieilles feuilles usées, de parcourir ces pages brunies et rongées par l’humidité avec quelques déchirures. Et puis, il existe un tout autre plaisir, un peu coupable car un tant soit peu moqueur : celui de sourire du décalage flagrant avec les revues d’aujourd’hui. Il constitue même un marqueur fiable de l’évolution de la condition féminine. Entre les pubs fantasques avec des visuels poussés donnant dans le charlatanisme en passant par les conseils pour devenir la petite boniche femme modèle, on est bien content malgré les dires des passéistes et de la sempiternelle formule  « C’était mieux avant« , d’être une femme du 21es. Bien que sur le fond, le ton n’ait pas changé  « On vous donne les clés pour devenir La Femme parfaite, NDLR« , sur la forme on note quelques progrès. Notamment en matière de courrier du cœur et des tâches ménagères (Cuisine, couture, ménage…). Seule la rubrique mode tire son épingle du jeu restant toujours aussi actuelle et même, lançons les grands mots : « Noble ». Ces pages sont un vrai trésor que dis-je une bible pour toute fashionista, créateur, professionnel de la mode, modeuse et fan de vintage. Pour preuve, la vogue du rétro ne démord pas depuis quelques années. Il suffit de parcourir les rubriques mode des anciens numéros de Elle pour se rendre à l’évidence : certaines pièces sont devenues des classiques de l’élégance plutôt que des vieilleries appartenant à une époque bel et bien révolue.

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Elle- Août 1954 : les deux-pièces ou tailleurs. Faut juste avoir la taille fine…

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Les longs manteaux qui vous arrivent en-dessous du genou sont toujours actuels. D’ailleurs on retrouve ce style de longs manteaux sur le site de Peter Hahn.

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Modèle  LODENFREY

 

Pour preuve, Madame Figaro a choisi le style hitchcockien pour illustrer ces pages mode de la rentrée 2013.

 

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Mais soyons honnêtes. Vous attendez de ce genre de billet « Le charme désuet des magazines… » de satisfaire votre curiosité tout en vous gaussant un peu. Il est vrai que c’est un vrai régal de lecture de découvrir et tomber sur ces perles d’un autre temps. Il en résulte une fraîcheur surannée.
Que la femme soit bousculée dans le courrier des lecteurs ou interpellée sur ses fautes de cuisine, on réalise que même si la raison d’être de ces titres de presse est de revendiquer pour certains  l’émancipation de la femme et sa promotion dans la société (comme Marie-Claire), ils sont imprégnés d’un certain sexisme ambiant. Pas toujours évident de mettre en avant les nouvelles aspirations des femmes et donc de faire cohabiter au sein d’un même numéro : les envies de la femme émancipée et les besoins de la mère de famille. Il en résulte un sentiment un peu piquant : celui d’être prise pour des femmes naïves, voire des petites pintades. Si aujourd’hui, la dépréciation de la femme saute aux yeux, à l’époque il n’y avait rien de blessant ou d’insultant. Ces magazines sont simplement révélateurs de la manière peu flatteuse dont on s’adressait aux femmes à cette époque. Aujourd’hui, une pub vantant les vertus des appareils ménagers à offrir pour la fête des mères provoquerait la hire des foules et les réseaux sociaux se déchaineraient pour « délit sexiste » à coups de hahstag, de tweets et de statuts à tout va. S’en est presque caricatural. Seulement, la presse féminine continue à nous prendre pour des cruches mais de manière plus subtile en valorisant notre égo (rubrique minceur, beauté) et en mettant un point d’orgue à faire de nous des bêtes de sexe. Ce qui donne une vision assez dogmatique et didactique de ce que la femme moderne doit être et réaliser.

Reste à savoir si nos magazines féminins des années 2010 seront une source de raillerie pour nos petites-filles. Je vais donc dès à présent en conserver quelques uns assez éloquents sur les dicktats de la beauté pour les transmettre à ma future petite-fille. Y a plus qu’à espérer qu’elle saura encore ouvrir un magazine 🙁

 

 

Quelques pages de magazine…

Courrier du cœur

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J’apprécie tout particulièrement le  » « faire la conquête physique et morale de la jeune fille ignorante » et le  » Laissez donc en paix » de Henry Bordeaux. Mais que fout un académicien au courrier du cœur ?

Il en reste de délicieuses pub vintage…

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La crème magique : en 8 jours t’as plus de cernes, des joues  parfaites, des sourcils dessinés et des cils de drag queen

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Faites-vous ces fautes de cuisine ? Si t’as pas de margarine, t’es pas une vraie cuisinière ! Non mais bip, quoi !

  

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« Embonpoint, enrobé, grassouillet ? » Connais pas. On ne ménage pas les ménagères…

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 « Débilité »… j’adore. On ne ménage pas la ménagère (bis) 

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« Fillette » : hebdomadaire BD féminin, cette nouvelle série débute en octobre 1963.

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Cette revue se la joue très « swag » si l’on en croit cette page photos…

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« Fillette » est un périodique plutôt moderne, mettant en avant des héroïnes féminines indépendantes et pas nunuches. Effet années 60′ ?
Sinon j’adore la numérotations des cases… au cas où on n’avait pas compris le sens de lecture…

 

Dans un prochain billet, je posterais d’autres pages de magazines féminins publiés lors de la Seconde Guerre mondiale.
Le contenu n’étant pas épargné par le contexte historique, les billets, pubs et courrier du cœur sonnent comme des témoignages indirects des conséquences de la guerre sur la population française. On rigole plus, là…

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  • lucile

    haha je suis fan aussi j’en ai pleins 🙂

    • glose

      J’ai bien envie d’en racheter d’autres… T’as des plans ? 🙂

      • lucile

        ebay : tu peux acheter des lots pas trop chers

        • glose

          Ah top !!! Je n’y avais pas pensé ! Ceux que j’ai achetés sont à 8 et 10 euros because the second war…