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Barbie, toi ma star, m’amuse…

by Glose

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BARBIE : poupée adorée des fillettes, muse inspirante pour artistes et billet interdit au moins de 16 ans…

Critiquée de par et d’autre pour ses mensurations surréalistes, son image de femme stupide de femme-objet, symbolisant la consommation de masse, sa côté de popularité et son succès ne se sont pourtant jamais démentis. Barbie ne connait pas la crise…
Si elle ravit des millions de petite filles, les artistes, eux, raffolent de cette femme miniature. En la photographiant sous toutes les coutures, dans toutes les situations et dans tous les pays, ils lui confèrent un statut d’égérie. Un véritable épiphénomène dans le monde artistique. Et moi-même, j’ai joué à en être une…

 

Les petites filles aiment les poupées. Les petits garçons aiment les soldats. Les grandes filles aiment les soldats. Les grands garçons aiment les poupées… et les photographes, eux, craquent sur Barbie.

Mais pourquoi Elle ? Pourquoi la photographient-ils ?
Quelques pistes de réflexion, au choix :
> Les hommes, devenus métrosexuels, assument leur côté féminin et jouent aussi à la poupée.
> Ils sont effrayés par les « vraies » femmes en chair et en os.
> Ils sont trop radins ou désargentés pour embarquer et photographier une nana au bout du monde dans des paysages de rêve. Barbie est plus économique..
> Plus c’est petit, plus c’est beau..
> Ils développe un certain fétichisme
> Enfant traumatisé, leur maman leur interdisait de jouer à la poupée. Ils se rattrapent…

Vous pouvez soumettre vos idées pour faire avancer le schmilblick…

 

Photographiée sous toutes les coutures

Ces derniers mois ont été riches en expositions mettant en scène la poupée plastique. Ainsi Marco Mencacci a photographié Barbie en voyage; au musée de la Poupée, Barbie racontait 5000 ans de l’histoire du costume sous « Barbie et Ken jouent les stars de tous les temps« . Sur le site barbiemamuse.com, elle se retrouve au cœur, protagoniste principal, d’une reconstitution d’œuvres célèbres :

Olympia/ Edouard Manet

L’évidence éternelle/Magritte

 



Man Ray

Andy Wharol


 

Govin Sorel s’est intéressé aux personnages célèbres, quand Barbie s’improvise en stars, en icônes illustres. On imagine aisément Marilyn Monroe sous les traits de cette Barbie ou la superposition de deux icônes féminines, de rêve, désirées, aux allures factices, représentent le côté paillettes. L’inscription « Fragile » atténue ce dernier aspect, humanisant la représentation de la femme fatale et les failles qu’elle tente de dissimuler.

 



 

 


 

Barbie version trash…

Quand Mariel Clayton joue à la Barbie, un conseil : éloignez vos enfants, ça décape…
Beaucoup d’humour, de cruauté, de sexe et de violence voire d’absurdité dans ses photos. Le traditionnel rapport de force homme/femme est inversé : la gentille Barbie et ses innocents marmots se transforment en monstres sanguinaires au détriment du pauvre Ken et pour notre plus grand plaisir. A l’image du Kenny de South Park, il finit toujours par se faire dépecer, torturer, ou se faire traiter comme une lopette. Mais difficile de blâmer une figurine aussi niaise et dénuée d’attribut masculin… Non mais vous avez déjà désapé Ken ? Question anatomie, y a rien qui vous chagrine ? Pour sa défense, Barbie avait de quoi devenir maboule…

Bref, Ken aux airs de sainte Nitouche, imberbe et ballot, sert à rien, il mérite son sort et Mariel Clayton lui donne enfin un vrai rôle. Quant à Barbie, elle se retrouve dans des positions peu communes et décalées : serial killeuse, bondage, bain de sang, en train d’inspecter ses parties intimes, dominatrice, fumeuse, situation avec un monstre, etc. Et je ne sais pourquoi, souvent un rat pas crevé traverse la scène dramatique. (Regardez bien…)
Un cynisme d’autant mis en valeur par le sourire plastique et éclatant de Barbie qui renforce à merveille ses abominations. Marrant que la photographe ne s’est pas fait houspiller par Mattel. Reste à savoir si l’audace et l’effronterie de Mariel viendrait du fait qu’elle ait été privée de Barbie dans son enfance. Toute cette violence à la sauce Dexter est sûrement  à l’origine d’un trauma, non ? 🙂


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Pas figée dans un genre, ni bloquée dans la provocation, Clayton fait aussi dans la reconstitution historique, particulièrement réussie…

 

A présent, vous avez une idée de ce que provoque Barbie chez les artistes. Le mythe Barbie, selon Roland Barthes, est en marche…

Allez Ken, énerve-toi un peu, bon sang ! :

 

Bon, fait rapidement à ma pause déjeuner, petit délire girly : que rêvez-vous d’entendre de la bouche de Ken « paroles de rêve », notre cruche préférée ?

 

Crédit photos de Une : Mariel Clayton

 

 

 

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14 commentaires

MissBavarde 9 janvier 2012 - 11 h 08 min

il y a des images vraiment trash mais l’idée de détourner Barbie est excellente je trouve 🙂 et tu sais quoi j’ai gardé mes Barbie de quand j’étais petite et c’est pas touche

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Glose 9 janvier 2012 - 14 h 54 min

C’est clair ! Mais j’ai prévenu pour les âmes sensibles 😉

Bon ben, si tu les as gardées, tu peux te payer un petit délire 😉

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oth67 9 janvier 2012 - 17 h 34 min

J’adore !
Il y a toujours des choses très surprenantes sur ce blog !
Étant fan de Magritte, je veux bien ses toiles détournées !

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Glose 10 janvier 2012 - 13 h 35 min

Merci beaucoup 🙂 J’essaie au mieux de faire des choses « décalées » 😉

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Vanilla 9 janvier 2012 - 22 h 02 min

vraiment trash dis donc j’aurai jamais pensé à cela pour des poupées barbies 

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Glose 10 janvier 2012 - 13 h 35 min

Comme quoi… on est pas au bout de nos surprises…

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Marine 10 janvier 2012 - 20 h 17 min

j’adore complètement! merci Auré Ly pour ce post… très instructif.
Moi aussi j’ai toujours trouvé que Barbie était inspirante… quant au côté trash, il ne me surprend pas, je le trouve presque « naturel »: il n’y a qu’à observer les enfants jouant avec leurs poupées pour se rendre compte que ce type de jouet sert souvent à catalyser, exprimer de manière détournée une violence qu’on a tous en nous… non? (et les images « porno » de certains photographes, j’imagine, ne sont évidemment pas des œuvres imitant les jeux d’enfance, mais me paraissent être le prolongement du côté trash vu plus haut.)

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marine 10 janvier 2012 - 20 h 21 min

tiens, j’ajoute un lien vers un post que j’avais fait (aucun rapport, c’est avec un Philippe Lucas en maille… et il y a une Barbie dedans).
Quoi je suis dingue?
http://unechambreamoi.blogspot.com/2011/09/delit-maille-photo-montage-avec-mon.html

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Glose= 11 janvier 2012 - 9 h 21 min

Bien vu ! C’est vrai que maintenant que tu le dis, je me rappelle de nombreuses Barbie en mauvais état…
Finalement, elle est un exutoire « naturel » pour tous les âges. En tout cas, elle ne l’a pas volé son titre de femme-objet…

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Ynausicaaa 10 janvier 2012 - 20 h 31 min

Excellent 😀 je partage!

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Glose 11 janvier 2012 - 9 h 31 min

Bonne idée ^^

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Virjni 12 janvier 2012 - 22 h 32 min

La plus trash : « Barbie, j’assume mes rides et ma chevelure grise et j’en suis fière! »

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