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J’ai testé le minimalisme

by Glose
J’ai testé le minimalisme

Je suis sortie avec un homme qui portait toujours le même pull. J’en avais presque honte. Il ne possédait qu’un pull. Mais un pull à 800 € . Non, je déconne.
Ou presque…
Je ne comprenais pas pourquoi il ne se rachetait pas un 2e.
On a tous un pull fétiche mais quand même !
Bref, toujours habillé pareil, ce pull m’exaspérait. (ou peut-être lui ?)

Aujourd’hui, je commence à le comprendre. Pourquoi cumuler autant de pulls ? À partir du moment où l’on change les couches situées en-dessous. J’étais sortie avec un minimaliste sans le savoir. Il était en avance sur moi avec son semblant de capsule wardrobe. Désormais, je ne veux aussi que le nécessaire. Moi ? Influencée par cet homme ?
Non non. Le grand pouvoir de l’amour n’y est pour rien. C’est l’étroitesse de mon appartement parisien qui est le grand responsable et déborde comme le fromage d’un soufflé ! 😛  #pragmatisme

 

 

○ Moins je possède, plus je me sens libre et plus heureuse je suis ○


2 ans déjà que je supprime tout ce qui est inutile en bonne intelligence afin de garder l’essentiel. Bref vivre mieux avec moins. Je ne suis pas non plus une Ayatollah du vide, j’aime bien m’acheter des babioles de temps en temps mais je me refrène bien plus qu’avant.
Je ne suis pas une adepte du « less is more » mais progressivement, je me suis tournée vers le « minimalisme » pour ne pas me laisser « bouffer », je dis bien « bouffer » par les objets. Oui les objets sont comme ces plantes carnivores qui viennent me grignoter, m’étouffent en occupant mon espace vital et donc une partie de moi-même…

C’est donc plus par nécessité que par religion du vide que j’ai commencé à trier et jeter. Et pour cause, je vis dans un mini appartement. Je devrais dire « appartement parisien ». La définition même du « pas très grand ». Je ne serais jamais venue au minimalisme en pleine campagne. Pour le même prix, un appartement parisien, c’est 3 lofts empilés à la Creuse. Car à  10 000 € le m² en moyenne à Paris, faut le bichonner le m². Donc les étagères qui contiennent des trucs inutiles, à 10 000 € le m² de stockage, ça fait vraiment réfléchir. Le stockage en lui-même coûte plus cher que le prix des objets.
Et comme je n’ai pas les moyens de déménager pour acheter plus grand, je trie !
[ MAJ : j’ai commencé cet article en octobre 2017. Aujourd’hui, je déménage pour un peu plus grand. J’ai craqué… Mais cet article reste intéressant, hein ! ]

Bref, c’est donc plutôt par contrainte je l’avoue. Mais j’ai découvert que la triangulaire trier-jeter-donner n’était pas anodin. Cette activité provoquait en moi une satisfaction, un bien-être comme si j’avais passé 2h au spa (bon pour 15 minutes seulement). En quelque sorte, ranger son extérieur déclenche un ménage intérieur. Comme si chaque pièce de mon appartement était relié à un de mes membres. J’épure, je me libère, je reprends possession de mon appartement. Non je ne deviens pas gourou en bien-être ou coach de vie et tout le tintouin. Mais tout ce qui alourdit mon intérieur me pèse psychologiquement c’est un fait : ménage extérieure = paix intérieure.

 

Les choses que l’on possède finissent par nous posséder

Fight club

 

 

○ Un petit test… ○


Depuis l’été dernier, je trie-jette-donne. Prenez en photos tout ce que vous donnez, jetez ou vendez. Vous allez réaliser tout ce que vous stockez et achetez inutilement (et ce que vous aurez pu économiser…). Pas mieux pour la prise de conscience…
J’ai quelques photos qui m’ont fait mal au cœur, donne déjà à réfléchir sur ma façon de consommer.

Analyse :

> De 24 à 32 ans environ, je dépensais beaucoup en vêtements. Les affaires dont je me suis débarrassées dernièrement ne datent pas des 3 dernières années, ce qui prouve que je fais des achats plus intelligents. J’éprouve moins le besoin de m’entourer contrairement à avant ou j’achetais énormément. Bon point.
> J’ai jeté 2/3 de mes produits de beauté… ils étaient périmés avant même d’être ouverts ! À croire que la société vous fait croire que vous devez vous tartiner de crème sur chaque centimètres de peau. Au final, je n’arrive pas à suivre ces routines beauté. J’ai jeté tous mes fards à paupières, garder deux rouges à lèvres, un mascara, un crayon et un anti-cerne. Le strict minimum.
> Je garde des tonnes de fils électriques, de câbles… dont je ne me sers jamais. Il était temps de voir à quels appareils ces fils correspondent pour se débarrasser du superflus.

 

minimalisme

 

 

ça en fait des kilos de vêtements...

Affaires qui ne servent à rien…

Livres à donner…

Produits (médoc, beauté) périmés…

 
 

○ Mes nouvelles habitudes ○


1. Arrêter la collectionnite

Quand j’étais petite, je voulais être conservateur ou bibliothécaire. Ça en dit long sur ma capacité à collectionner à foison…
Là, j’ai besoin de place, alors, j’ai décidé :
> D’utiliser tous les savons, échantillons et shampoings d’hôtel que je collectionne au lieu de les empiler dans un coin.
> De donner la moitié de mes carnets, feuilles de papiers et calepins (je collectionnais les feuilles de papier et carnets)
> Donner les sacs à mains « fantaisistes » mais de mauvaise qualité (à moins de 50 balles)
> De donner tout ce que je n’utilise pas
> De jeter tous les papiers : bons de réduction et avoirs périmés, tous les relevés de plus de 5  ans et tous les dossiers de presse accumulés en tant que blogueuse
> Jeter tous les sous-vêtements abîmés, chaussettes orphelines et les assiettes et verres ébréchés
> Dans la cave : je me suis débarrassée des 3/5  de la cave sans que j’en sois affectée (restent les valises, déco de Noël et magazines Géo, mes cartons à souvenirs d’enfance). J’ai donné : deux tables basses, un fauteuil, une chauffeuse, une partie de mon dressing IKEA, des planches de bois, un bureau, 2 tapis, des coussins et bientôt une armoire en fer.

 

On désengorge la cave. Et la dernière photo n’est pas la plus récente (il n’y a plus rien sur le sol à présent)

 

2. Réutiliser  :
> Le sachet thé infusé : il peut faire 2 tasses au lieu d’une
> Les papiers cadeaux à garder

 

3 le strict nécessaire
> Ma trousse de maquillage (réduit au : mascara, eye-liner, anti-cernes, et rouge à lèvres)
> Mes fringues : inutile d’avoir 10 fois le même vêtement
> Les fils électriques, câbles dont je ne me sers jamais
> Factures papier : les scanner, les mettre sur le cloud
> Manuels d’instruction papier : consulter les pdf en ligne plutôt que de garder la version papier
> Les tops qu’on garde pour les travaux, ménage ou la peinture : inutile d’en avoir 20
> Mes cours de fac : bien réfléchir si utile de les garder
> Manuels scolaires et manuels de grammaires : la langue française change… autant s’en débarrasser
> Machines électroménagers qui ne servent pas :  mieux vaux emprunter que de garder

4 Vendre tout ce qui est utilisable
> Des mini-enceintes, boules de pétanque neuves, électroménager que je n’utilise pas
> Des livres qui ne sont pas des grands coups de cœur.
> Vêtements jamais portés ou 1 fois
Etc.

 

○ La wardrobe


Le dressing.
Mes caissons Ikea mis bout à bout faisaient 2 mètres de longueur. À force, de trier-jeter-donner, j’ai réussi en deux ans à perdre 1 m² de fringues pour gagner 1 mètre d’espace. Le choix n’a pas toujours été simple : entre les fringues que j’adore mais qui ne me vont plus, ceux qui évoquent un souvenir fort et ceux qu’on garde pour « on ne sait jamais« . Bref, la solution c’est de procéder par étapes en sortant tous les vêtements de sa garde-robe pour faire le point. Si vous doutez, moi je range dans un carton les vêtements dont je n’arrive pas encore à me séparer à la cave. Et quand je les ressors quelques mois plus tard, je refais un point.
J’ai décidé :
> De ne garder que les vêtements qui me vont bien et dans lesquels je me sens à l’aise
> Jeter les vêtements abîmés. Ça donne mauvaise impression en plus.
> De vendre ou donner les vêtements que je ne porte jamais
> De n’acheter que des vêtements qui peuvent s’associer, donc plus d’achat compulsif ni de dépenses inutiles et gain de temps le matin en ne tombant pas sur les pièces qu’on ne porte plus. Si l’article ne va avec rien de ce que j’ai déjà, je ne l’achète pas. (à moins que ce soit une robe). Pour finir par créer une garde-robe capsule ou une wardrobe. C’est-à-dire un dressing minimaliste cohérent pour limiter le nombre de vêtements et dont les pièces s’accordent (ou certaines d’entre elles), composées de vêtements de qualité (j’achète de moins en moins Zara et made in China) et qui vont parfaitement à ma morphologie et à mon teint.
Je suis loin de la garde-robe idéale et du minimalisme mais j’y tends. Certains avancent que la parfaite est celle où tous les vêtements et accessoires peuvent s’assortir entre eux eux et composée de moins de 20 pièces. Un sacré gain de temps mais un peu trop radical pour le moment pour moi.
Disons que si je compare mon dressing d’avant de 2 mètres de longueur à celui d’aujourd’hui, j’ai fait un sacré tri. Et d’ailleurs, je porte de plus en plus souvent la même chose, les mêmes basiques. Je dois utiliser à présent 45 % de ma garde-robe contre 15% auparavant. Dans un commentaire sur Youtube, une utilisatrice écrivait qu’elle mettait tous ses cintres dans le même sens une fois par an. Et quand elle porte le vêtement, elle retourne le cintre. Une bonne astuce pour savoir ce qu’on met et ceux qui restent toujours dans le placard.
> Prochaine étape : établir un inventaire des vêtements avec photos et pièces essentielles (il y a des applis …)

 

 

○ Les datas : prochaines étapes ○


Je n’en suis pas encore à vivre avec moins de déchets, d’emails (au grand dieu non !) et réseaux sociaux (encore moins).
On libère de l’espace dans un premier temps. La prochaine étape ce sont mes datas. C’est rangé n’importe comment à cause du blog notamment, j’accumule une tonne de photos, documents, etc. C’est con mais ça me prend la tête ce bordel virtuel comme si j’arrivais à le matérialiser devant moi.
Puis la dernière étape, ce sera de libérer plus de temps. Je n’en suis pas encore à simplifier ma vie bien que je sois adepte du slow travel, de la wardrobe et de la valise cabine.
Chacun son niveau.
Peut-être que dans 10 ans j’atteindrais les hautes sphères du club des minimalistes…

 

 

 “Qui n’est pas capable d’être pauvre n’est pas capable d’être libre »

Victor Hugo

 

 

 

—————————————
(Le paquet de cigarettes colorées en Une, je l’ai depuis 5 ans. Un cadeau venu de New York..)

 

 

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2 commentaires

Sabrina 12 juillet 2018 - 14 h 03 min

Ton article me parle tellement ! Je suis dans cette même optique depuis quelques mois. Je me sens encombrée chaque fois que je pense à ma garde-robe. J’étais une grosse consommatrice de vêtement et surtout de chaussures depuis une dizaine d’année (tout à commencé avec mes premiers salaires). Et puis en 2015, j’ai quitté mon job et ça a été le déclic pour faire du ménage et du tri. J’ai commencé par un tri drastique de ma salle de bain. Je n’ai jamais été très produits de beauté/maquillage mais j’ai accumulé plein de produits à cause de mon blog et des box beauté. Encore aujourd’hui je me demande pourquoi je m’y étais abonnée. La majorité des produits étaient pour les cheveux caucasiens alors que j’avais les cheveux crépus défrisés. Il a suffit d’une journée pour faire le tri et jeter tout ce qui contenant des ingrédients indésirables et décider de passer exclusivement aux produits naturels / bio. Par la même occasion, j’ai décidé d’arrêter d’accumuler et d’utiliser tout ce que j’achète avant d’acheter de nouvelles choses. Quel bonheur !
La même année, réduction de rentrée d’argent oblige, j’ai complètement arrêté le shopping. Là encore ça m’a fait un bien fou, surtout en voyant tout ce que je pouvais économiser ! Depuis j’ai fait plusieurs vagues de tri et je continue petit à petit. Cette vague de chaleur tombe à pic pour me permettre de sortir tous les vêtements d’été que je n’ai eu que trop peu d’occasion de sortir ces dernières années. Ca me permettra de voir ce que j’ai mis ou pas et de faire un tri.
Comme toi je limite au maximum les achats chez les marques de fast-fashion, surtout quand elles fabriquent en Chine. Je préfère acheter peu mais mieux pour tendre vers un dressing plus minimaliste et de meilleure qualité. Un sacré défi mais qu’est ce que ça fait du bien déjà ces petits changement !

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Glose 17 juillet 2018 - 13 h 16 min

Je pense que de nombreux parisiens et parisiennes sont dans ce cas-là. Pas grand monde peut se gorger de vivre dans un 100 m² à Paris. Certains se laissent envahir, d’autres remettent à demain et certains, comme nous, prennent le taureau par les cornes ! Il faut être régulier dans le tri. On est dans le même cas. Premiers salaires, on ressent une grande envie d’en profiter, d’accéder à tout ce que nos parents nous ont interdit ou dit « Quand tu auras ton argent, tu feras ce que tu voudras ! » en gros. Après, on se calme. On réalise que ce n’est pas primordial.
C’est tout bête et pourtant c’est aussi nouveau chez moi : absolument finir ce que j’ai consommé ou déjà utilisé avant d’acheter.
Les campagnes à répétition portant sur l’achat plus responsable », du danger qui pèse sur l’environnement et des conditions de fabrication des produits de la fast-fashion ne sont pas innocentes je pense dans notre prise de conscience de consommer plus « qualitatif ». C’est salutaire pour tout le monde !

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