Zouzou, le nouveau club-cabaret underground de Pigalle où le spectacle vous frôle (Paris 9e)

par Glose
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Rue Frochot, à quelques pas du Moulin Rouge, Zouzou a levé le rideau mi-octobre avec « The Freak Show » : trois nuits inspirées de l’univers du cirque, du cabaret et des cabinets de curiosités. Pole dance, numéros aériens, créatures, performances et artistes de la scène parisienne s’y succèdent au fil de la soirée. Puis le spectacle se fond peu à peu dans le club, sur une programmation qui mêle électro, pop internationale et grands classiques de la variété française. Reste à savoir si ce « cabaret qui a oublié de fermer à minuit », vaut qu’on lui sacrifie une nuit de sommeil…

L’essentiel en 30 secondes

  • Zouzou est un cabaret-club de 250 places, rue Frochot (Paris 9e), ouvert du mardi au samedi de 23h30 à 6h.
  • Les numéros ne se jouent pas sur une scène : ils surgissent au milieu du public, parfois à quelques centimètres.
  • L’entrée coûte 25 € (20 € en early bird), le cocktail signature 14 € et la table pour quatre 250 €.
  • Mon verdict : oui pour l’expérience et la convivialité, plus réservé si vous venez seulement pour danser, car la musique m’a semblé inégale entre les shows.

○ Un cabaret-club rue Frochot, entre Moulin Rouge et Madame Arthur ○


Le 12 rue Frochot se trouve à quelques pas de la place Pigalle, du Moulin Rouge et de Madame Arthur. Zouzou n’arrive donc pas en terrain vierge : dans ce quartier, le cabaret tient presque de l’affaire de famille, et la concurrence est présente.
L’adresse confirme surtout que le quartier ne cesse de réinventer ses nuits, à l’image du regretté Sub Pigalle, ancien temple du rock du quartier, désormais fermé.
Le pitch est limpide :

« Cabaret dans l’âme. Club dans l’énergie. Pigalle dans l’attitude. »

L’ambition s’inspire du clubbing new-yorkais : effacer la frontière entre la scène et la piste, entre ceux qui regardent et ceux qui dansent. Pour tenir la promesse, deux figures aguerries de la nuit sont aux commandes. Maïté Dugenetay, danseuse et chorégraphe passée par l’Opéra de Paris (Les Brigands, mis en scène par Barrie Kosky) et The Box à New York, signe la direction artistique. À la direction générale, Ivan Tanasijevic apporte son expérience du Jamel Comedy Club et du Carmen tout proche (à Pigalle, on change de maison sans changer de trottoir).

○ Deux salles, lumières rouges et jauge serrée ○


On entre par un couloir strié de néons rouges horizontaux, qui filent jusqu’au comptoir d’accueil comme une piste d’atterrissage pour noctambules. Le ton est donné : ici, le rouge, couleur de la sensualité, installe aussi le mystère.
La jauge annoncée est de 250 personnes, réparties sur deux niveaux.

Couloir d'entrée du Zouzou Pigalle, murs couverts de lignes lumineuses rouges et comptoir d'accueil au fond.

À l’entrée du Zouzou, un couloir strié de néons rouges mène jusqu’au comptoir d’accueil.

À l’étage, la piste qui devient scène

L’étage accueille 150 personnes. La cabine du DJ trône sur une estrade bordée d’une lumière orangée, sous un logo en néon rouge. À côté, un écran projette des images aux tons sépia de créatures fantastiques, comme un cabinet de curiosités en version cinéma muet. Il n’y a pas de scène pour les artistes : la piste en fait office, et le public sert de décor. La salle est petite, et on le comprend vite, généralement au moment où un numéro vous passe sous le nez…

Au bar, les serveuses jouent le jeu du cabaret, en robe à sequins ou body noir ajouré. On y commande le cocktail signature à 14 €, un Gin Tonic à 12,50€ ou une pinte de blonde à 8,50 €.

Deux serveuses derrière le bar du Zouzou Pigalle, sous lumière bleue et violette, devant des étagères de bouteilles.

Salle de l'étage du Zouzou Pigalle avec cabine DJ néon rouge, poufs rouges et écran projetant des créatures fantastiques.

À l’étage, la cabine du DJ en néons rouges et l’écran où défilent des créatures en noir et blanc.

Au sous-sol, la cage

La salle du bas, plus intimiste, reçoit une centaine de personnes et dévoile une installation « volontairement secrète » : il s’agit d’une cage ouverte en métal, aux arêtes soulignées de néons rouges. Les danseuses y grimpent, s’y suspendent la tête en bas, cuissardes blanches et harnais, et composent de véritables tableaux autour des barres. Le public les regarde assis sur les banquettes et les poufs qui encerclent la structure, à distance respectable. Le dispositif m’a plutôt intéressée : il donne au sous-sol une identité propre, au lieu d’en faire une simple annexe.

Au sous-sol, la cage aux arêtes de néon rouge, entourée de spectateurs assis. Quatre danseuses suspendues à la cage, en cuissardes et harnais, pendant un tableau du Freak Show.

○ The Freak Show, le soir de l’ouverture ○


J’étais invitée à la première nuit de lancement. Au programme : show exotique, pole dancers, numéros aériens, « créatures et curiosités », puis un DJ set de Coffee237 entre électro pop internationale et variété française.
Ce qui surprend d’abord, c’est la manière dont les artistes se fondent dans le public. Ils arrivent du milieu de la foule, font leur numéro là où ils se trouvent, puis disparaissent à nouveau. Le procédé est bien trouvé : on ne sait jamais d’où viendra le prochain tableau, et on finit par regarder autour de soi plus que devant soi.

Danseuse aérienne tenant un cerceau au milieu de la foule de l'étage du Zouzou Pigalle.

Robe noire pailletée et cerceau aérien en main, la danseuse se fraie un chemin au milieu du public.

L’immersion a toutefois un prix. Le cerceau suspendu de la danseuse aérienne tourne au-dessus des têtes : quand elle s’y renverse, la tête en bas, ses bottes vernies balaient l’air à hauteur d’épaule, et mieux vaut s’écarter pour ne pas prendre un talon !
Les danseurs, eux, foncent droit sur vous en pleine représentation : on s’efface, ou on se fait légèrement bousculer…

Résille et regards fixes, les danseurs traversent la piste droit vers le public.

○ Mon avis sur Zouzou Pigalle ○


Le spectacle à bout de bras

L’immersion est la vraie singularité de Zouzou. On vit le spectacle de l’intérieur, sans barrière ni quatrième mur. Mais on peut aussi recevoir un coup de cerceau ! Je ne pense pas que l’exercice ait été facile pour les artistes, qui doivent tenir un numéro aérien ou une figure à la barre avec un public aussi proche et un espace aussi réduit. Alors, chapeau, sincèrement.

La musique en dents de scie

Au fil de la nuit, les classiques s’enchaînent : Give Me Love de Cerrone, un remix d’Upside Down signé Jatho, Sweet Dreams d’Eurythmics, The Weekend de Michael Gray et I Feel for You de Bob Sinclar. Des titres que j’aime entendre en club. Du disco à la house, en passant par les années 80 : si le grand écart est permanent (et tant mieux), en revanche la sélection musicale m’a semblé inégale. Mes goûts n’étaient pas toujours en phase avec la programmation, je le concède.
Pendant les shows, la musique retrouve toute sa pertinence : elle épousait le rythme des numéros. Witte Paarden d’Ambassade collait parfaitement à une performance, et Mi Amor de Cloonee et Wade a fait monter l’ambiance d’un cran. Ce mélange de cabaret et de club peut séduire autant que dérouter : ce parti pris hybride séduira les amateurs de spectacle vivant, mais risque de laisser sur leur faim les puristes venus uniquement pour un DJ set continu.

Un public sans entre-soi

C’est la bonne surprise de la soirée. Zouzou réussit le pari de la convivialité : le dialogue s’y engage facilement, une rareté en club. La proximité du spectacle brise immédiatement la glace (clin d’œil à la personne qui a intercepté le cerceau venant de me percuter pour la seconde fois).
Le public était très hétéroclite : silhouettes rock, personnes non-binaires, robes noires, bas résille, tenues affûtées ou « non-looks » décontractés. Aucune posture d’attitude ni surenchère de style. Juste l’envie de déconnecter, d’infiltrer la nuit de Pigalle et de rompre avec une journée sans âme ni glam.

Ce que j’ai aimé

  • Les artistes qui surgissent au milieu du public, sans scène ni barrière.
  • La cage du sous-sol et ses tableaux suspendus.
  • La convivialité, rare en club.
  • Un public mélangé, sans entre-soi.

Ce qui m’a moins convaincue

  • Une salle étroite pour des numéros aussi physiques : on peut se faire bousculer, voire cogner.
  • Une programmation musicale inégale en dehors des shows.
  • Un mélange des genres qui peut dérouter ceux qui viennent uniquement pour danser.

Faut-il aller au Zouzou ?

Oui, si vous cherchez une nuit qui ne ressemble pas à un club au sens srict du terme et où la proximité avec les artistes pimente la nuit. Moins, si votre soirée idéale exige une piste dégagée et un line-up 100 % clubbing.

Et si le cabaret version pop vous tente aussi, la soirée chez Lou Diprey, le cabaret pop qui réveille les nuits du 10e joue une autre partition.


Zouzou fait le pari d’un cabaret sans scène où l’on partage le même mètre carré. L’ambiance y gagne ce que le confort y perd : de la proximité, de la spontanéité et la rareté de conversations faciles entre inconnus. Pour sortir du clubbing sans âme, l’expérience vaut le détour.

○ Informations pratiques ○


Adresse : 12 rue Frochot, 75009 Paris.
Métro : Pigalle (lignes 2 et 12).
Horaires : du mardi au samedi, de 23h30 à 6h.
Ouverture : 15 octobre 2026.
Tarifs : 25 € l’entrée, 20 € en early bird. Table pour quatre à 250 €. Cocktail signature à 14 €, pinte de blonde à 8,50 € (carte affichée sur Privateaser).
Réservation : billetterie sur Shotgun (Zouzou Pigalle) et sur le site officiel du Zouzou.
Programmation : une thématique différente chaque semaine. En octobre : Anarchy in the Cabaret, Neo Cabaret Rock et Le Bal des Ombres pour Halloween.
Bon à savoir : un physionomiste filtre l’entrée. Le vestiaire est payant (7 € pour un sac et une veste).
Pour qui : les noctambules curieux, les amateurs de cabaret et les bandes d’amis qui veulent autre chose qu’un club.
Le + : des numéros qui se jouent au milieu du public. Le − : un espace réduit pour des performances aussi physiques.

"let's danceé au Zouzoou Pigalle

FAQ

Qu’est-ce que le Zouzou à Pigalle ?

Zouzou est un cabaret-club ouvert mi-octobre au 12 rue Frochot, dans le 9e arrondissement. Pole dance, numéros aériens et performances y surgissent au fil de la nuit, au milieu des DJ sets. Le lieu s’étend sur deux salles : 150 personnes à l’étage, 100 au sous-sol.

Combien coûte l’entrée au Zouzou Pigalle ?

L’entrée coûte 25 €, ou 20 € en early bird. La table pour quatre est à 250 €. Côté bar, comptez 14 € pour le cocktail signature et 8,50 € pour une pinte de blonde, selon la carte affichée sur Privateaser.

Quels sont les horaires du Zouzou ?

Zouzou ouvre du mardi au samedi, de 23h30 à 6h. Les performances s’enchaînent surtout en début de nuit, avant que la soirée ne bascule vers le club.

Y a-t-il une sélection à l’entrée du Zouzou ?

Oui, un physionomiste filtre l’entrée. Le public de la soirée d’ouverture était pourtant très varié, des looks rock aux tenues de cabaret en passant par des « non-looks ».

Quelle musique passe au Zouzou ?

La programmation officielle annonce de l’électro pop internationale et de grands classiques de la variété française. Le soir de l’ouverture, j’ai surtout entendu du disco, de la house et des tubes des années 80, de Cerrone à Eurythmics.

Peut-on réserver une table au Zouzou Pigalle ?

Oui, une table pour quatre coûte 250 €. Les billets d’entrée se prennent sur Shotgun.

Quelle différence entre le Zouzou et Madame Arthur ?

Madame Arthur, rue des Martyrs, enchaîne un spectacle de cabaret puis un club de musique en français, selon son site officiel. Zouzou mêle les deux tout au long de la nuit : les numéros surgissent au milieu de la piste plutôt que sur une scène.

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