L’Albanie, c’est ce bout d’Europe dont personne ne parlait avant à table.
Mais qui est devenu récemment tendance dans les destinations proposées par les magazines.
Pas de vol direct, pas de MacDo, pas de file d’attente devant un musée instagrammable. Un pays grand comme la Bretagne, coincé entre la Grèce et le Monténégro, où les routes sont un sport, les chiens errants une constante et les commerçants vous disent merci quand vous entrez.
Indépendante depuis 1912, verrouillée sous un régime communiste jusqu’en 1991, l’Albanie s’ouvre doucement. Pas encore au tourisme de masse, et tant mieux. Ici, on est encore des voyageurs. On dort dans des maisons ottomanes du XVIIIe siècle pour 20 €, on dîne face à des panoramas impossibles pour le prix d’un café parisien, et on découvre un Islam modéré où le raki coule aussi facilement que la conversation.
Le pays est safe, le peuple est accueillant, la cuisine est méditerranéenne et généreuse. Les paysages oscillent entre fjords montagneux et Riviera ionienne. Les hôtels vont du chalet de conte de fées au boutique-hôtel à flanc de falaise. Et Google Maps, ici, est votre pire ennemi.
Bref, l’Albanie est une destination pour celles et ceux qui aiment voyager vraiment, avec ses imprévus, ses frayeurs routières et ses instants de grâce.
Sommaire
17 jours, 2 articles, 1 road trip
Ce voyage se raconte en deux temps. Deux longs articles, deux ambiances, un même fil rouge : l’authenticité d’un pays qui ne triche pas.
► Partie 1 · L’arrière-pays : Krujë · Lac Koman · Shkodër · Berat · Korçë
Le nord et l’intérieur des terres. Des citadelles perchées, un lac comparé aux fjords scandinaves, des bazars centenaires et Berat — la ville aux mille fenêtres — où trois muezzins forment une chorale au coucher du soleil. C’est l’Albanie la plus brute, la plus dépaysante, celle qui vous fait petit-déjeuner sur des remparts avec des guêpes pour convives.
► Partie 2 · La Riviera et le Sud : Përmet · Gjirokastër · Blue Eye · Ksamil · Butrint · Himarë · Vlorë · Tirana
On quitte les montagnes pour la côte. Gjirokastër et ses maisons-tours ottomanes, les plages de la Riviera albanaise — encore sauvages par endroits, déjà colonisées par les transats ailleurs — un hôtel à flanc de falaise qui vous fait sentir seule au monde, et Tirana, capitale bouillonnante qui vous cueille là où vous ne l’attendiez pas.
Pour une vision plus vivante de ce voyage, retrouvez les stories « Albania 1, 2, 3 » en Une du compte Instagram @glose.
L’Albanie en quelques mots
Située dans les Balkans, entre la Grèce au sud, le Monténégro au nord-ouest, le Kosovo au nord-est et la Macédoine du Nord à l’est, l’Albanie est bordée par la mer Adriatique et la mer Ionienne. Un pays grand comme la Bretagne, montagneux sur les trois quarts de son territoire, avec une côte découpée qui lui vaut le surnom de Riviera albanaise.
Indépendante depuis 1912, l’Albanie a traversé près d’un demi-siècle de régime communiste sous la dictature d’Enver Hoxha (1944-1991). Depuis l’ouverture du pays dans les années 1990, le tourisme en Albanie se développe lentement, faisant de cette destination l’une des dernières terres encore relativement préservées du tourisme de masse en Europe.
Budget : combien coûte un voyage en Albanie ?
L’Albanie est l’une des destinations les moins chères d’Europe. La monnaie locale est le lek (100 lekë ≈ 0,90 €). Voici les ordres de grandeur pour un voyage en couple :
- Hébergement : de 20 € la nuit en chambre double avec petit-déjeuner chez l’habitant, à 50-120 € pour un boutique-hôtel ou une suite haut de gamme
- Restauration : un repas complet dans un restaurant traditionnel coûte entre 3 et 11 € par personne. Même les restaurants haut de gamme dépassent rarement 15 €
- Location de voiture : environ 480 € pour 17 jours avec un loueur local. Privilégiez un SUV si possible — les routes de montagne sont un sport à part entière
- Vol aller-retour : comptez environ 250 € par personne depuis Paris avec escale (peu de vols directs vers Tirana)
- Budget total estimé : entre 1 000 et 1 500 € par personne pour 17 jours, tout compris
Un conseil : payez en lekë plutôt qu’en euros — la conversion est systématiquement en votre défaveur. Et emportez du cash : la carte bancaire est souvent refusée.
Comment se rendre en Albanie et se déplacer ?
L’aéroport international de Tirana (Nënë Tereza) est la seule porte d’entrée aérienne du pays. Depuis Paris, les vols avec escale passent généralement par Munich, Vienne, Istanbul ou Rome. Il n’existe pas de vols intérieurs ni de réseau ferroviaire fiable.
La voiture de location reste le meilleur moyen d’explorer l’Albanie en profondeur. Mais il faut s’armer de patience : une partie du réseau routier est non goudronnée, parsemée de nids-de-poule, et les temps de trajet sont longs — très longs — pour des distances parfois modestes. La conduite en Albanie demande vigilance : chiens errants sur l’autoroute, troupeaux de chèvres dans les virages, et la tradition du xhiro (promenade sur la route principale en fin de journée) ajoutent du piment.
Alternative économique : le bus couvre les principales villes, mais les horaires sont approximatifs et les gares routières quasi inexistantes. Quant à Google Maps, méfiez-vous : il vous enverra régulièrement sur des pistes impraticables. Google Satellite sera votre meilleur allié.
Que voir en Albanie : les incontournables
L’arrière-pays albanais
- Berat : inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, surnommée la ville aux mille fenêtres. Sa citadelle encore habitée, ses quartiers ottomans de Mangalem et Gorica, et ses restaurants familiaux en font le coup de cœur du voyage
- Gjirokastër : autre ville UNESCO, célèbre pour ses maisons-tours en pierre (kullë), sa forteresse médiévale et la maison d’Ismail Kadaré
- Shkodër : aux portes du Monténégro, une ville pleine de charme avec la citadelle de Rozafa et la Mosquée de Plomb
- Lac Koman : une croisière entre des parois rocheuses souvent comparée aux fjords scandinaves
- Krujë : le château de Skanderbeg et son vieux bazar ottoman de 450 ans
- Korçë : surnommée le « petit Paris », connue pour sa cathédrale orthodoxe et ses boutique-hôtels
La Riviera albanaise et le Sud
- Ksamil : péninsule aux eaux turquoise et ses quatre petites îles accessibles à la nage
- Himarë : entre plages de galets et vieux village perché, ambiance plus intimiste
- Butrint : site archéologique UNESCO retraçant 2 500 ans d’histoire, de la Grèce antique à l’empire vénitien
- Blue Eye (Syri i Kaltër) : source naturelle d’eau pure d’un bleu turquoise profond
- Përmet : le pont ottoman de Kadiu Bridge et les bains thermaux de Bënjë
- Vlorë : porte d’entrée de la Riviera, avec des hôtels à flanc de falaise face à la mer Ionienne
- Tirana : la capitale bouillonnante, son quartier Blloku, le marché Pazari i Ri et une scène culinaire en plein essor
Cuisine albanaise : que mange-t-on en Albanie ?
La gastronomie albanaise est méditerranéenne, généreuse et bon marché. Parmi les spécialités à goûter :
- Le byrek : chausson feuilleté fourré au fromage, aux épinards ou à la viande — le snack national
- Le fergesë : plat traditionnel à base de ricotta, œuf, ail et purée de tomates
- Le tavë kosi : agneau au yaourt cuit au four, plat emblématique du pays
- Le raki : eau-de-vie offerte en fin de repas dans la plupart des restaurants. Refuser serait presque impoli
- Le konjak Skënderbeu : brandy local à découvrir pour les amateurs de spiritueux
Les petits-déjeuners traditionnels sont copieux : fromages de brebis, tomates, concombres, miel, pain, confiture et thé. On les savoure souvent avec vue sur une vallée ou une citadelle.
L’Albanie est-elle un pays sûr ?
Oui. L’Albanie est un pays sûr pour les voyageurs. Aucune tension, aucun regard déplacé, une hospitalité sincère. Les Albanais sont souriants, curieux et reconnaissants de voir des visiteurs. Le seul vrai risque : la conduite automobile (routes dégradées, chiens errants, absence de signalisation).
Seul pays d’Europe à majorité musulmane, l’Albanie pratique un Islam modéré et progressiste influencé par le bektashisme, mouvement prônant la tolérance interreligieuse et l’égalité. Mosquées, églises orthodoxes et cathédrales catholiques cohabitent à quelques mètres les unes des autres. La consommation d’alcool est courante et les codes vestimentaires sont libres.
Quand partir en Albanie ?
La meilleure période pour visiter l’Albanie s’étend de mai à octobre. Les mois de juin et septembre offrent le meilleur compromis : chaleur agréable, plages moins bondées et prix encore doux. En juillet-août, la Riviera albanaise est prise d’assaut, notamment par les touristes russes et les familles des pays voisins.
Pour un road trip mêlant arrière-pays et côte, la fin août et le début septembre permettent de profiter de la mer tout en évitant les pics de fréquentation dans les villes historiques.
Conseils pratiques pour un voyage en Albanie
- Carte SIM : achetez-en une à l’aéroport de Tirana (20 Go, 13 €, validité 21 jours)
- Argent : retirez une grosse somme dès le début pour limiter les commissions. Préférez les banques Credins Bank (sans commission). Les Albanais comptent « en centaines de lekë » : quand on vous dit 20, comprenez 2 000 lekë
- Marchandage : ce n’est pas dans la culture. Les prix sont les mêmes pour tous
- Parkings : un homme sans badge surgira pour vous demander de l’argent. C’est bien le gardien, et il est honnête
- Toilettes : ne jetez pas le papier dans les WC
- Hôtels : check-out souvent à 11h et non 12h
- Chaussures aquatiques : indispensables — les plages albanaises sont majoritairement de galets
FAQ : vos questions sur un voyage en Albanie
- Faut-il un visa pour aller en Albanie ? Non. Les ressortissants français, belges et suisses peuvent entrer en Albanie sans visa pour un séjour de moins de 90 jours. Un passeport ou une carte d’identité en cours de validité suffit. Aucun test PCR ni pass sanitaire n’est exigé.
- L’Albanie est-elle dangereuse ? Non. L’Albanie est un pays sûr pour les voyageurs. L’hospitalité albanaise est sincère et chaleureuse. Le principal risque reste la conduite : routes dégradées, chiens errants sur la chaussée et absence de signalisation dans certaines zones. En dehors de la route, aucune tension ni insécurité particulière.
- Quel budget prévoir pour un voyage en Albanie ? Comptez entre 1 000 et 1 500 € par personne pour 17 jours, vol, location de voiture, hébergement, repas et activités compris. L’Albanie reste l’une des destinations les moins chères d’Europe : un repas au restaurant coûte entre 3 et 11 €, une nuit chez l’habitant environ 20 € avec petit-déjeuner.
- Combien de jours faut-il pour visiter l’Albanie ? Un minimum de 10 jours est recommandé pour couvrir les incontournables (Berat, Gjirokastër, la Riviera et Tirana). Pour un road trip complet incluant le nord (Shkodër, lac Koman) et le sud (Ksamil, Butrint), prévoyez 2 à 3 semaines. Les temps de trajet sont longs à cause du relief montagneux et de l’état des routes.
- Peut-on payer en euros en Albanie ? Oui, les euros sont largement acceptés, surtout dans les zones touristiques. Cependant, il est plus avantageux de payer en lekë : la conversion appliquée pour les paiements en euros est systématiquement défavorable. La carte bancaire est souvent refusée — prévoyez du cash en quantité suffisante.
- Comment se déplacer en Albanie ? La voiture de location est le moyen le plus pratique pour explorer le pays en liberté. Privilégiez un loueur local et un véhicule tout-terrain si votre budget le permet. Le réseau de bus existe mais reste aléatoire (horaires approximatifs, pas de gare routière). Il n’y a ni vols intérieurs ni réseau ferroviaire fiable.
- Quelle est la meilleure période pour visiter l’Albanie ? De mai à octobre, avec une préférence pour juin et septembre : températures agréables, plages moins bondées et prix doux. Évitez juillet-août si vous craignez la foule sur la Riviera albanaise. Pour un road trip mêlant arrière-pays et côte, la fin août-début septembre offre le meilleur compromis.
