J’ai laissé une IA organiser mon voyage : grosse erreur. Récit d’un fiasco.

par Glose
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Partir une semaine sur la côte Atlantique marocaine avec Claude d’Anthropic comme seul conseiller voyage : récit d’une aventure où le diable s’est glissé dans chaque détail : des fausses piscines turquoise aux chèvres fantômes, en passant par des sentiers impraticables. Organiser un voyage avec une IA, 3 jours avant le départ ? Mauvaide idée. Voici mon retour d’expérience mi-figue mi-raisin !

Quand l’IA vous pond un circuit pour un road-trip, méfiez-vous…

Sans l’émergence des IA qui répondent à vos questions en un temps record, jamais je n’aurais pu organiser aussi vite un road trip d’une semaine au Maroc dans des villes et étapes que je ne connaissais pas. Les fameux LLM vous pondent des circuits en 20 secondes, alors que scanner tous les articles de blogs et en dégager un plan m’aurait bien pris deux semaines minimum. Et ces deux semaines, je ne les avais pas, j’avais 3 petits jours !
J’ai donc fait entièrement confiance à Claude d’Anthropic pour organiser un voyage d’une semaine sur la côte Atlantique du Maroc.

La seule chose pour laquelle j’avais passé du temps : scruter toutes les météos des destinations situées entre 3 et 5 heures de vol de Paris. Je ne voulais pas plus loin. Ce qui m’a pris bien 3 heures pour sélectionner 3 destinations : le Maroc, la Tunisie et les Canaries. Mais dès le lendemain, les météos prévues changeaient déjà. C’est ainsi que, pour être sûre de me baigner et d’avoir du soleil, j’ai choisi une destination autour d’Agadir qui affichait 24 degrés, alors que l’Europe entière, même la Crète, Lampedusa et Malte, tournait autour de 16 degrés pour un début avril. Pas terrible…

Une fois le pays choisi, il restait à savoir que faire pendant une semaine ? Claude m’a proposé un road trip pas mal ficelé, avec temps d’arrêt et nuitées pour chaque étape. C’était tellement bien fait que je n’y ai vu que du feu. Sauf qu’une fois sur place… j’ai compris les imprécisions, à mes dépens.

Résultat : des pertes de temps qui s’accumulaient, des kilomètres avalés pour rien, des sites qu’on n’a jamais pu voir… Sans compter la charge mentale de devoir replanifier le programme sur place.

Hôtel à Essaouira : le point de départ

1. L’IA m’a fait perdre du temps au lieu de m’en faire gagner…

1/ Par exemple, au premier jour de notre road trip, l’IA m’a ajouté deux étapes « incontournables » :
Le Cap Sim (falaises + dunes). On a dû garer la voiture et marcher pour s’y rendre. Il n’y avait rien de grandiose. Résultat : 1h15 perdues pour rien
(30 minutes de marche aller-retour jusqu’à la voiture et 15 minutes à chercher où se trouvait le fameux spot).

Imsouane, la plage de surfeurs réputée pour sa beauté.
N’ayant pas beaucoup de temps, je voulais simplement photographier la baie vue d’en haut, sans forcément y descendre. J’ai demandé à l’IA de m’indiquer le chemin sur Google Maps pour un bon point de vue. Elle m’en a trouvé un. Sauf qu’il a fallu prendre un chemin de terre, absolument pas adapté à notre voiture ! On a parcouru une trentaine de minutes dans la cambrousse à 10 kilomètres/heure. On a fini par faire le chemin à pied, et lorsqu’on a enfin eu une vue sur la mer… non seulement il y avait de la brume, mais en plus c’était à des kilomètres d’Imsouane !
On apercevait juste la pointe. Le point de vue montrait en réalité une autre plage, un autre village : Timsit. Rien à voir.

Dernière photo : Le village de Timsit… et au loin sur la droite : Imsouane

J’avais beau dire qu’il valait peut-être mieux se rapprocher de la direction de la plage et s’arrêter avant que la route ne descende, l’IA n’en démordait pas : malgré le sentier parsemé de nids-de-poule, pas du tout adapté à notre voiture, il fallait continuer. Évidemment, on a arrêté les frais. Résultat : 2h00 perdues pour ne rien voir ! La bonne blague…

Pour la petite histoire, c’est sur le chemin du retour, cinq jours plus tard, qu’on a suivi le panneau « Plage d’Imsouane » et qu’on a eu LA vue

Une perte de temps qui aurait pu être évitée avec un simple guide local. Bref, les agences de voyage ont encore de beaux jours devant elles. Moralité : toujours passer par Google Satellite avant de s’aventurer dans un sentier recommandé par l’IA…

Point de vue : Imsouane (maroc)

Un autre point de vue d’Imsouane vu au retour, qui était indiqué… sur la route tout simplement !

2. Toujours vérifier les recommandations de l’IA

Et pourtant, j‘avais vérifié les étapes… mais pas suffisamment manifestement. Juste un minimum, suffisant pour lui faire changer le parcours et l’ordre des étapes 4 fois, quand même !
Par exemple, voici quelques « petits mensonges » ou inexactitudes de l’IA :

  • Les chèvres dans les arganiers.
    Il fallait faire un stop sur la route quand on commence à voir beaucoup d’arganiers et des petits groupes de voitures arrêtées. Les photos sont impressionnantes. J’avais hâte. Sauf qu’on n’en a jamais vues ! On a appris plus tard que c’était controversé : les gens attachaient les chèvres par une ficelle à l’arbre pour éviter qu’elles redescendent, et la pratique est désormais interdite.
    L’IA aurait pu éviter de me mettre ces images surréalistes en tête pour éviter de les chercher…
  • Les restaurants avec licence alcool.
    Au Maroc, il n’est pas évident de trouver un restaurant qui a une licence pour servir de l’alcool. C’est pourquoi je demandais à l’IA de me les lister avant de réserver. Elle s’est trompée. Et pas qu’une fois ! Du coup, j’ai réservé dans deux restaurants en pensant qu’ils servaient de l’alcool… mais non. Dur, dur, quand après une journée de vadrouille en voiture, on a envie d’un petit verre pour décompresser et qu’on se retrouve avec un soda trop sucré ou un jus healthy à la place. Dans l’un de ces restaurants à Sidi Ifni, j’ai quand même entendu de la part du proprio une phrase très drôle. Comme j’hésitais entre deux plats, je lui ai innocemment demandé ce qu’il recommandait. Sa réponse m’a laissée sans voix : Et là, la réponse fut inattendue : « Moi, ce que je préfère ? Je veux beaucoup d’argent ! Afin de racheter la mosquée d’à côté et d’en faire un Moulin Rouge. Je pourrais enfin servir de l’alcool, 20 ans que j’attends ! » Sachant que nous ne lui avons pas du tout demandé s’il servait de l’alcool à la base…
  • La Vallée du Paradis (Agadir).
    L’IA m’avait vendu des « vasques d’eau turquoise » entre falaises rocheuses, palmiers et arganiers, et m’avait conseillé d’y aller un week-end car « très peu de touristes en avril ». Sauf que le week-end, c’est bondé : les familles locales investissent les lieux en masse. Le parking le plus proche ? À 25 minutes de marche en plein cagnard. Et les fameuses eaux turquoise ? Plutôt marron verdâtre.
    Loin de l’image du paradis. Cela dit, l’endroit reste magnifique.
    Mais l’IA peut paraître un peu trop poétique et prendre des envolées lyriques pour décrire des sites touristiques. cela dit, je ne regrette pas d’être venue. De plus, il y avait une ambiance que je n’aurais pas eue en semaine avec les cris, les jeunes qui sautent des falaises sous les applaudissements et la musique. Alors oui c’était bondé, contrairement à ce qu’avait annoncé l’IA, mais l’ambiance festive a rattrapé les désagréments et l’absence d’eaux turquoise…


Dans la Vallée du Paradis (Maroc)

Dans la Vallée du Paradis : les eaux sont plutôt verdâtres voire marronasses selon les zones

3. S’adapter quitte à revoir le programme le jour même

Les lieux qui n’ont pas pu être vus à laller, il a fallu les reporter au retour, et donc chambouler un programme déjà bien tendu et ficelé aux petits oignons. Sans compter que ce que l’IA avait prévu n’était pas toujours à la hauteur, il a aussi fallu revoir une heure avant nos visites prévues, ce qu’on allait fnalement faire…

J’ai ainsi découvert en cherchant sur internet un lieu que j’avais repéré sur la route « Les dunes de Timlalin » : à 45 minutes en voiture de Taghazout, un site à parcourir en quad pour son canyon et la sensation de rouler dans le désert. L’IA n’avait jamais mentionné ce lieu, on a bien failli passer complètement à côté de cette visite qui était pourtant un VRAI incontournable. J’ai alors changé le programme prévu. Claude m’avait proposé de voir 2 plages qui n’avaient rien d’extraordinaire selon l’hôtel où je séjournais. On est allé les voir quand même le lendemain car elle se situaient sur la route de notre itinéraire. Et effectivement, elles étaient banales. Autant demander sur place ou consulter les avis Google avec les notes de ces plages avant de se déplacer pour rien.

Les dunes de Timlalin et son canyon


On a aussi découvert, toutjours sur la route, le village coloré d’Aghroud et son street-art. L’IA l’avait aussi zappé. Elle nous avait plutôt aiguillés vers un village avec des bananiers qui n’avaient rien de particulier…

Village d’Aghroud

Claude m’avait aussi fait tout un foin sur le village de Taghazout : il serait mon coup de cœur du séjour. Il n’en fut rien du tout ! (comme par hasard...). Je m’attendais à avoir envie de me perdre dans les ruelles du village, mais il n’y avait rien d’intéressant à voir si ce n’est sortir pour manger, boire un jus ou encore acheter un accessoire de surf. Décidément trop optimiste l’IA… et moi victime de son enthousiasme débordant, j’ai le tort de la croire.

La seule belle plage citée : Legzira. Mais là encore, l’IA m’a parlé de deux arches à voir… alors qu’il n’en reste qu’une. L’autre s’est effondrée il y a quelques années…

L’arche de Legzira

En conclusion : l’IA dégrossit, votre cerveau affine…

Je ne vais pas cracher sur l’IA. Elle m’a permis de voir rapidement ce qu’il y avait à faire, de dégrossir un travail considérable en un temps record. Seulement, dans les finitions, faites confiance à votre cerveau et à vos propres recherches ! Le diable se niche dans les détails, et on l’a bien vu… pour nous avoir fait tourner en bourrique durant cette courte semaine…

Dans le village de Mirleft

Mon conseil : donnez-vous plus de temps pour vérifier et checker les adresses et recommandations de l’IA. Eviter d’organiser un roadtrip en 3 jours, ce n’est pas suffisant ! A moins que vous ayez envie de tester les suggestions d’une IA qui le fera à votre place et d’aimer l’aventure et les déconvenues !
Quand elle vous donne des adresses de restaurants « avec alcool » et que c’est faux, ou quand elle vous indique où admirer la plage d’Imsouane et que c’est faux aussi, avec 2 heures de perdues sur la route, la leçon est claire.
L’IA est un bon point de départ. Mais elle ne remplacera jamais un bon guide, un local qui connaît son village, l’article voyage détaillé d’un blog, ou tout simplement… vos propres yeux sur Google Maps en vue satellite !

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