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Début : « Conte de nuits parisiennes »

 

Voici les 2 premières pages d’introduction du roman « Conte de nuits parisiennes »…

 

INTRO

 

Il était une fois, une jeune femme nommée Harmonie. Avec son compagnon Constant, ils menaient une vie tellement paisible depuis l’entrechoc métallique de leur premier baiser… qu’ils restèrent à jamais soudés.

Leurs lendemains se caractérisèrent par l’enchaînement rapide et inconsidéré de certaines grandes étapes de la vie : prescription de la pilule, premiers ébats dans la break familiale, mise en concubinage dans une chambre de bonne, puis acquisition d’un charmant trois pièces à Paris. Tout semblait aller de soi depuis leur rencontre, jamais ils ne se posaient de questions. Pendant qu’elle végétait à la maison, Constant, lui, gravissait les échelons de sa société pour entretenir sa bien-aimée. Le soir, affalé dans le lit conjugal, il lui grattait le bas du dos comme un chien devant une porte espérant qu’on le laisse entrer…

Un beau jour, il reçut sa nouvelle feuille d’imposition suite à son ascension dans l’entreprise. Le soir même, il demanda Harmonie en mariage.

Et le grand jour arriva…

 

***

 

Dans le manoir, la future mariée reste pensive devant sa coiffeuse. Pour la première fois elle s’interroge. Puis elle fait les cent pas dans la chambre nuptiale de sa grand-mère et s’arrête brusquement pour observer de loin les convives patienter nerveusement sur les bancs défraîchis du parc. Harmonie scrute ses quatre amies, assises l’une à côté de l’autre. La blonde s’enduit de gloss face à son miroir de poche pendant que sa voisine somnole sous sa capeline. La troisième feuillette une revue de sciences humaines et la dernière, un clone de Louise Brooks, lève les yeux au ciel tout en expirant des volutes de fumée.

Brusquement, sa mère surgit et la longue vue tombe des mains d’Harmonie. Elle comprend qu’elle interrompt sa fille dans un moment d’intimité avec un « je-ne-sais-quoi » de mélancolie…

 

 

La tension est palpable dans l’assemblée. Les invités se retournent, s’agitent, captifs au moindre mouvement qui mettrait fin à cette attente étouffante. Des chuchotements tournent rapidement au bourdonnement sourd.

– Qu’est-ce qui se passe ? demande une vieille dame au chapeau pyramidal.

– Mais qu’est-ce qu’on attend ? ajoute une autre habillée en laitue.

– Harmonie ne décroche pas… je tombe toujours sur sa messagerie, soupire Constant inquiet.

Un individu déboule en trombe complètement essoufflé au milieu des invités. Les quatre filles intriguées se lèvent brusquement.

– Où est Harmonie ? demande immédiatement le marié.

– Je ne sais pas ! Je ne la trouve pas… ni sa mère ! répond avec un accent américain le nouveau venu tout transpirant. – Elles ont disparu…

– Quoi ? Qu’est ce que c’est que cette histoire ? s’étrangle Constant.

– J’ai peur que quelque chose soit arrivé.

– Que voulez-vous dire ?!

Un petit groupe de volontaires décident de se rendre au manoir pour inspecter les lieux. Les quatre amies remarquent alors qu’un drapé de mousseline blanche virevolte au balustre de la fenêtre…

Tous, ils s’interrogent :

– Elles ont peut-être pris la route…

– Leurs voitures sont encore là.

– Allons voir les flics pour signaler leur disparition !

– Pour dire que la mariée ne s’est pas pointée à son propre mariage ? Ils vont nous rire au nez, c’est garanti !

– Peut-être faut-il fouiller dans les bois ? propose un convive.

– Ça ne servirait à rien si elles ont été enlevées… répond un autre.

– Non… impossible. Y a un truc qui cloche. Vous trouvez pas ça étrange qu’une partie de sa robe soit suspendue à la fenêtre ?  questionne l’une des amies.

– Mais où es-tu Harmonie ?! hurle Constant.

 

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