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A y est… j’ai 40 ans

written by Glose 10 octobre 2017
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Après le « bientôt« , voici le « A y est »

Bon ben… c’était sympa d’être jeune, hein…
Fraîchement membre du club très ouvert des quarantenaires en goguette…

Comme disait Coco :

Personne n’est jeune après quarante ans mais on peut être irrésistible à tout âge.

Voilà. C’est fini.
Bibi change de crèmerie.

○ 40 ans… ○


Je ne pensais pas qu’il était possible que ça m’arrive un jour. Le choc.

 40 !!!!

Mon cortex cérébral est en panne, il refuse l’info écrite sur mon état-civil.
J’ai beau me le répéter 5 fois devant le miroir : aucune trace d’une « Candy-woman-40« . Elle est planquée où la quadra ?
C’est encore celle d’hier et d’avant-hier. Et oh ? t’es où ? 40 ! 40 ! 40 ! 40 ! 40 !
Comment veux-tu que ça s’imprime si je ne vois pas la femme de 40 piges devant moi ?
Que s’est-il passé ? Pourquoi le temps passe si vite ? 30 ans c’était hier. Ce matin, je prends 10 ans dans la gueule. Dans 24 heures, j’en ai 50 ?! :/

J’ai beau changer la formule, reprendre Alain Souchon « Ça fait bientôt 15 ans que j’ai 10 ans… »
Et donc 4 *10  ans,  2 *20ans  , (5*6 ans) +10,  on peut y aller  (5*4 ans) + (5*4 ans)… Mais rien ne se soustrait, tout se multiple. Même les kilos. Fuck.
Et quel est l’usage lorsqu’une décennie s’achève et la suivante débute ?
– On fait un feu de joie ?
– Non. On fait des bilans !

○ Le bilan, le bilan, le bilan ! ○


Mes 20 ans je ne les regrette pas. Mes 30… c’est une autre histoire.
JE VAIS TUER LE SUSPENSE : RIEN NE S’EST PASSÉ COMME PRÉVU.
1/Premier constat qui me saute à la gueule : « T’as 40 ans, t’as pas d’enfant ?« .
La même grosse pression sociale en version plus prosaïque du « T’es une fille t’as pas de shampoing ? Non mais allô quoi ! » .
Ben oui des « Allô », j’en ai crié mais personne ne m’a répondu au bout du fil. Normal, le téléphone fixe n’existe quasi plus. Comme les gentlemen. (sauf en Italie…). Tout fout le camp ma p’tite dame…
Pas d’homme, pas d’enfant, pas de famille… enfin pas celle que tu as créé par la force obscure de tes ovaires.
Jamais au grand jamais je n’aurais imaginé qu’il était possible que je sois celib’ et sans enfant. Pour moi ça a toujours été une évidence. Et la réalité est tout autre et difficile à vivre.
Comme quoi, on ne décide pas toujours en dépit de ce que répètent à souhait les gourous de la volonté, du bien-être, coaches de vie, phrases inspirationnelles ambiance haiku de supermarché, mordus d’auto-prophéties réalisatrices et autres fans du « Quand-tu-veux-tu-peux« .
Ben non.
On ne peut pas toujours même si on veut. En revanche le « Si tu pisses contre le vent, tu vas mouiller tes sandales« , ça, ça marche.
2/ Je n’ai pas évolué dans mon job ni changé de boîte
Soyons honnête, ce n’était pas ma priorité de la décennie 30′. J’avais bien un projet de web-série avec un ami qui n’a pas abouti sur lequel nous avons bossé et projeté pendant deux ans. Mes deux blogs, mes deux manuscrits m’ont bien plus accaparés que l’idée de poursuivre une carrière. Mon rêve c’était de devenir romancière, pas responsable ou directrice. Un job ne servait qu’à subvenir à mes besoins en attendant. Et puis je voulais garder mon job à vol de moustiques, pas loin de chez moi. J’ai pas signé à Paris pour me taper du RER. L’hygiène de vie first.
Mais aujourd’hui, j’ai envie d’un gros gros changement. Marre, j’en ai.
3/ Pas de famille, pas de carrière, pas de roman publié, je n’arrive pas trop à savoir si j’ai raté ma vie voire réussi. Ni l’un ni l’autre sûrement. 
Mais j’ai exaucé plus ou moins avec succès un souhait viscéral de moi, enfant : ne pas subir une vie trop ordinaire. Animée par un petit grain de folie, j’ai vécu avec une certaine fantaisie, juste ce qu’il faut pour vivre une vie qui ne m’avale pas plus que je ne la dévore. Grâce à mon blog Glose, j’ai vécu des moments, vu et testé des choses que je n’aurais jamais imaginé possibles. Ce fut la grande et belle surprise de cette décennie de trentenaire ! Avoir créé un blog vu comme un média à l’heure actuelle avec 28 000 visiteurs uniques par mois.
Mes rêves et envies de gosse m’ont conduite à mener une barque parfois brinquebalante certes mais qui ne stagne jamais et continue de flotter. Pas toujours simple de concilier vie de famille avec cette envie de vivre à fond les ballons qui vous prend aux tripes. Les deux ne sont pas inconciliables mais ma barque n’a pas heurté celle d’un compagnon de route apte à former un bon équipage pour surfer en toute élégance et légèreté sur les flots de la vie. Oui je poétise un peu. Alors je continue à ramer naviguer avec un peu moins de fougue certes, mais je  coule à flots continue. Un peu plus doucement…
 4/ Je suis un highlander, j’en ai bouffé des vies.
Mes albums photos, mes écrits intimes, le journal de Facebook sont la preuve que je n’ai pas chômé. Si il existait une carrière de vie sociale et d’expériences, j’aurais performé, scoré même. PDG des opérations personnelles de divertissement : D
Impossible de résumer. Juste, je reviens de loin. Issue de familles venant de lointaines contrées, quasi expropriée en arrivant en France, mes débuts dans la socialisation ont commencé dans la douleur : avec mes yeux en amande on me traitait de chinoise, une couleur de cheveux stigmatisante, rousse donc, personne ne voulait de moi comme amie à la maternelle et à force de me singulariser, j’ai fini par croire que j’étais bizarre et pas comme les autres. J’étais bègue aussi et  une timide maladive. Écolière dans une ZEP – pas le nec plus ultra en matière de réussite scolaire mais ça ne m’a pas empêché de quitter mon DUT Info Com à Paris X avec un 18/20 pour mon mémoire – la fillette de 7 ans était affreusement timide, au point d’être presque muette et d’avoir toujours peur de déranger. Je l’étais tellement que je n’osais arrêter un bus si j’étais seule à l’attendre sous l’abribus, que je m’enfermais à la récré aux toilettes car j’aimais disparaître. Je reviens de loin…

Par une faille spatio-temporelle, j’aurais aimé que la mini Glose puisse regarder ce que que je suis devenue : j’ai été facteur,  employée de mairie, un peu sociologue avec ma maîtrise, comédienne 3 ans dans une troupe de théâtre, assistante dans une librairie, dans un cabinet de compta, associée d’une petite maison d’édition, maquettiste, webmaster, chef de projet, auto-entrepreneuse, blogueuse, cadre en entreprise, membre de Girlzinweb, et modèle photo à mes heures perdues (quasi un exploit quand on fait 1m60, 52 kilos). Bon pas écrivain comme j’avais prévu à l’âge de 6 ans en lisant La Chèvre de Monsieur Séguin. Comme quoi, quand on veut, on ne peut pas toujours (bis). Mais j’ai quand même écrit deux manuscrits avec le mot « fin » à la fin, mais aucun éditeur n’en ont voulu.
Mais surtout, moi la petite fille apeurée par tout, j’ai voyagé en solo avec un niveau en langue qui ferait rougir de honte mes profs d’anglais et espagnol. Et pour ça, elle serait drôlement impressionnée et fière la petite timide qui n’osait faire un pas seule dans la rue…
J’ai vécu de belles histoires amicales et amoureuses, je me suis plutôt bien amusée, très bien amusée même. Je vis à Paris, la ville de mes rêves où j’ai connu toutes les bébêtes parisiennes. Moi qui rêvait d’avoir un animal enfant, j’ai été servie. Je me souviens encore de cette crotte de pigeon qui a atterri sur mon chapeau (c’est dégueulasse), la présence de souris dans mon appartement et au bureau (l’angoisse), un chat qui atterri dans ma chambre en pleine nuit l’été (effrayée), les cafards dans mon Nesquik, moustiques, araignées, mites, perce-oreille etc. Une vraie ménagerie cette ville…

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40 ans and so what ?


J’arrive à un âge où l’envie de me prendre la tête m’a quittée.
Les deux dernières années ont été très rudes pour moi.

Je réalise aussi combien la vie est fragile, précieuse et encore plus quand elles concernent ses proches et ses parents. Je vois des choses qui m’étaient invisibles plus jeune.
Quelque part, je suis soulagée d’avoir passé le cap de ces 20 dernières années où il faut se prouver des choses à soi-même et aux autres. Aujourd’hui, je m’en contrefiche de ne pas être ce que les gens attendent de moi. Tout ce qui m’importe c’est la petite fille de 7 ans qui serait pas mal fière de tout ce que j’ai accompli vu les handicaps de base (bégaiement, timidité, asociabilité) et le plafond de verre que je m’étais édifié. Il est loin le temps où je croyais qu’en tournant sur soi-même je pouvais bénéficier de pouvoirs magiques comme « Gigi quand tu viens… c’est la magie. »

À 40 ans, plus que jamais c’est CARPE DIEM.
Juste envie de profiter du moment présent et vivre à fond le leitmotiv de mes 25 ans que j’avais perdu en cours de route, troublée par la pression sociale qui pèse sur les femmes de 35-39 ans, j’étais devenue control freak. Mais chassez le naturel, il galope. Il faudra juste faire avec quelques nouvelles données : j’ai plus de mal à modeler mon corps, à récupérer physiquement de mes sorties mondaines, j’ai des cheveux blancs. Bref, je subis les lois de la temporalité. ça me ralentit, c’est ballot.
Après, on ne peut pas tout avoir avoir : la sagesse, la sérénité, l’expérience, la bienveillance et la force physique et une silhouette de rêve. Sauf si on s’appelle Brigitte Macron. (Il a des frères Macron ? Non c’est juste pour le nom, il fait maigrir…)

J’ai discuté en soirée avec une jeune femme de 20 ans ce week-end. Et là j’ai réalisé que 20 ans m’étaient bien passés dessus : j’ai perdu ma candeur et une certaine forme d’absolu…

 

Qu’est-ce qu’on prévoit pour la dizaine à venir ?
Un sideboobs ? Devenir freegan ? Gourou quadra ? Cougar ? Voire Milf si quelqu’un se dévoue, devenir un big boss ?  La prochaine Michel Houellebecq ?
Comme dirait un ami :
Laisse faire la vie surtout
Laisse-toi porter sans réfléchir
C’est possible ça ?
Sans blague ?!

 

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30 ans

 

 

 

 

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40 ans

Partages

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  • Toujoursalpage

    Bienvenue au club ! Beau palmarès de vie dont tu peux être très fière ! Te prends pas la tête avec des notions de performances. Il ne faut jamais rien regretter, les erreurs forment ce que nous sommes. Pour l’écriture, tu auras écrit des manuscrits jusqu’au mot fIN et surtout tu as eu le courage de les proposer aux éditeurs. Les 10 prochaines années te permettront de finaliser ton projet.

    • glose

      Gentil pour le palmarès 😀 … mais je n’ai pas l’impression d’avoir listé tout ce que j’ai fait :P. En tout cas, ça fait du bien d’être rassurée.
      La performance, on me la suggère dès que je rencontre de nouvelles personnes ou au sein même de ma boîte. Si tu restes trop longtemps dans une boîte, tu es déconsidérée. Et on te le fait sentir un peu. Une sensation assez désagréable.
      Je me demande bien ce qui m’attend pour les 10 prochaines années. Je n’ai pas de plan. Contrairement à 30 ans où j’avais des objectifs bien en tête. Mystère…

  • Je n’arrive pas à croire que tu aies 40 ans. Allez, pour moi, tu en as 37 😉 Je te souhaite une belle dizaine et nul doute que tu mènes bien ta barque ! Bises !

    • glose

      Si tu me donnes la trentaine, soit généreuse, donne-m’en 30 ! 😛
      Gentil que tu trouves que j’assure en gros ! 😀 Je sais pas si je la mène bien : j’ai quand même pas mal le mer de mer parfois… 🙂

  • cyberyoyo

    La conclusion de ton ami est très bonne et c’est vrai que c’est malheureusement souvent vers 40 ans qu’on s’en rend compte 😉 Sois heureuse jolie Aurélie, c’est souvent un choix avant d’être une conséquence.

    • glose

      Sur certaines choses je me rends compte qu’il faut arrêter de se prendre le chou. Dans d’autre, ça m’est plus difficile. Ce qui est certain c’est que j’ai besoin d’un renouvellement pour repartir sur autre chose…

  • Sheily Parisienne

    Tu ne changes pas et c’est ça le seul élixir de jeunesse ! Enjoy !

    • glose

      T’es gentil ! A l’intérieur si, c’est tout pourri 😛

  • Bienvenue chez les quadras… Tu as l’avantage de ne pas les faire… Vis, profites et surtout ne te prends pas la tête ^_^
    Bisous la Belle

    • glose

      Facile à dire pas simple à faire ! Mais je vais y travailler dès ce week-end !

    • glose

      Facile à dire pas facile à faire ! J’ai l’impression de ne pas avoir une vie de quarantenaire et je ne me sens pas jeune non plus. Me sens un peu coincée en fait 😛

  • glose

    Merci, ça me touche énormément. Du coup ça me remotive un peu 🙂

  • glose

    Je pense que 45 ce sera vraiment un autre déclic. Je me sens dans le flou encore…

  • salem

    Tu étais bien jolie, à l’age de 20 ans