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Tant qu’il y aura des hommes…

by Glose
Tant qu’il y aura des hommes…

Quand des blogueuses parlent de leur moitié dans leurs posts, elles n’emploient quasiment jamais :

1/ Le pronom possessif « MON » (mon homme/mon mec…)
2/ Leur « PRÉNOM »

Elles les baptisent autrement : le dernier petit copain, le mari presque tout neuf, le mâle, le dernier garçon, l’homme, le chef, l’amoureux, etcCette dépersonnalisation est pratique : outre le fait de préserver leur vie privée, elles peuvent changer de mec comme de socquettes qu’on ne s’en rendrait même pas compte. Mais elles ne sont pas les seules. D’autres aussi zappent le prénom de leur partenaire de pirouettes dans la vie réelle. Mais pour des raisons beaucoup moins glorieuses…

Je suis une Deborah Kerr de pacotille : il manque cruellement Burt sur le cliché. Ou alors une Deborah des années 2010, une femme sexuellement aventureuse dont les ébats finissent par se désincarner jusqu’à se désagréger au fil des étreintes, d’où l’invisibilité du corps masculin. Un film dont les teintes tendent plus vers le gris que le noir. Une comédie dramatique où les sentiments sont aux abonnés absents, où les premières caresses enivrantes laissent place au sexe vide et répétitif. Où le « nous » se scinde en « elle » & « lui » maintenu faiblement par un fil invisible qu’on appelle « fidélité ». Je parle des relations « sans nom », ni officielles ni officieuses et stériles de toute implication. Celles passées sous silence dont on tait le nom du partenaire et qui par sa seule prononciation lui donne corps et donc vie au « couple », cette structure aliénante dont on veut échapper.

Typique des pré-relations où on se cherche et n’est pas sûr de soi : « Je suis bien avec mais je sais pas. Manque un truc. En attendant, je le vois« . Notion floue qui ne veut rien dire mais qui révèle qu’on est pas seul. Toujours plus valorisant que le néant sentimental.

Cette idée de post germait en moi depuis quelques temps quand je tombai sur ce billet de rue89 : « Ni couple, ni plan cul : la personne que « je vois ». Et  là, déclic.
1/D’une, je n’étais pas la seule à constater cette situation
2/Le témoignage est complet.
Je me suis donc replongée dans mon brouillon et finalement, je n’ai pas grand chose à ajouter. Si ce n’est que ce genre de « rapport » n’est pas nouveau : j’imagine aisément des personnes se voir exclusivement sans se proclamer « en couple » depuis des décennies. Surtout ceux ou celles qui ont « honte » de présenter leur « ami » pour une quelconque et sans doute mauvaise raison. Mais poser des mots dessus et l’envisager comme un type de relation, ça c’est inattendu. Cette situation bénéficie de pas mal d’avantages mais il manque affreusement le petit supplément d’âme à cette relation construite sur le non-dit, le manque de communication et qui dès lors s’établit peut mener à la fin du « binôme ». On est avec quelqu’un mais libre de partir du jour au lendemain sans larme ni parole. Pas de sentiment : pas de blessure ; pas de mot : pas de trace. On rêve à deux les yeux grand ouverts mais le cœur rudement fermé. A l’image des blogueuses, on pourrait aussi nommer cet homme actuel comme étant « le garçon en cours » ou le « quelqu’un ». « Oui je vois quelqu’un mais non je ne le considère pas comme mon mec« . Au début, cette relation a son charme mais sous forme durable, elle s’apparente plus à un ersatz, une liaison entre fantômes destinés à s’éteindre bien avant de poser leur pied dans la tombe. Ce n’est pas ce que j’appelle profiter de la vie mais une forme de désolation. Autant enchaîner les histoires sans lendemain plus affriolantes. Tant qu’il y aura des hommes…

 

 

Tant qu’il y aura des hommes, film de Fred Zinnemann, avec Deborah Kerr  et Burt Lancaster

 

 

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4 commentaires

Ophélie Feedback Baby 11 décembre 2013 - 14 h 18 min

J’aime beaucoup ta réflexion… Je trouve qu’il est désormais plus difficile de « commencer une relation » tant la période que tu appelles « je vois quelqu’un » caractérisant si bien les débuts s’éternise… Désormais, je considère qu’on est « en couple » à partir de six mois de « on se voit ». C’est difficile à admettre, mais j’estime que les débuts sont les moments où chacun doit faire ses preuves, pour prouver qu’on tient l’un à l’autre…
J’ai bien évidemment déjà vécu le fameux « je vois quelqu’un » mais j’avais la nette impression de me vider de ma substance et de mon âme… Surtout à « faire semblant » en présence de ces personnes qui, au final, ne m’ont jamais fait vibrer au plus profond. Aujourd’hui, je me refuse à vivre ce type de relation qui n’en est pas, et c’est pourquoi j’ai choisi le « néant sentimental » (interrompu par petites touches par des histoires sans lendemain affriolantes, certes). Et je m’en porte mieux ! (je suis surtout plus en phase avec moi-même, et ça, c’est beau ^^)

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glose 11 décembre 2013 - 16 h 05 min

Merci pour ton témoignage… il me touche
Et effectivement, tu as raison, il est important de faire ses preuves avant de se déclarer réellement en couple. Il faut du temps pour connaître vraiment une personne, c’est pas en 1 mois qu’on en fait le tour…
J’aime beaucoup ce que tu écris  » j’avais la nette impression de me vider de ma substance et de mon âme » : c’est exactement ça.

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Ling-en Hsia 12 décembre 2013 - 12 h 12 min

On est dans un cercle vicieux. Il n’y a pas de sorties possibles. Et l’absence d’un espoir possible rend les choses encore plus tristes…
Quand je vois des Gleeden qui glorifie l’adultère sans aucun gêne et sans offusquer personne… je peux comprendre maintenant pourquoi les gens ne croient plus au mariage. Pourtant, à l’échelle individuelle, je pense que c’est tellement important..

😉

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glose 15 décembre 2013 - 14 h 19 min

Plus qu’au mariage, je préfère croire en l’amour…

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