Accueil Divers 3e EXTRAIT « LES BOITES » : « Buffy contre les vampires », une leçon de vie

3e EXTRAIT « LES BOITES » : « Buffy contre les vampires », une leçon de vie

by Glose

© Ben


3e extrait des « Boites » : une réflexion de Lolita, l’un des personnages.

CHAPITRE III – « Buffy contre les vampires », une leçon de vie

La série est un sommet de l’éloge du pessimisme.

Perpétuellement seul et livré à tes propres démons, la vie c’est l’enfer.
Le Mal peut prendre différentes formes en se cachant là où on s’y attend le moins. La plus usuelle est celle d’un abominable monstre, mais il se montre plus vicieux en se présentant sous l’apparence d’un vampire doté d’une âme ou d’une puce implantée dans le cerveau, celui d’un petit ami loup-garou ou encore sous le regard bienveillant de votre meilleure amie sorcière capable de détruire le monde.
Le Mal n’apparaît pas toujours sous la forme d’un délit de sale gueule. 1ere leçon !

Si elle ne s’adapte pas à la polymorphie du mal, Buffy meurt.

La vie se présente à l’identique, comme un vrai champ de bataille chargé de civils avec des obstacles à franchir qui ne se présenteront jamais de la même façon. Tu as beau surmonter une étape, d’autres sont à venir. Buffy et ses inéluctables apocalypses sont une métaphore sur les grandes épreuves à traverser tout au long d’une vie. Réussir c’est savoir s’adapter au changement et aux difficultés qui en découlent.

Le combat permanent est la réponse à une vie soumise à la répétition. Sinon tu es quelqu’un de mort au sens propre comme au figuré… CAR CA NE S’ARRETE JAMAIS.

Déprimant et harassant de constater l’absence de finalité à cet éternel recommencement…
C’est le mythe de Sisyphe remis au goût du jour. Ce supplice nous rappelle que nous sommes astreints à accomplir des tâches et à les reproduire indéfiniment. Après une période de stabilité, un évènement inopportun se présente remettant l’ensemble des acquis en question.

Vous vous plaignez ? Mais s’il ne vous arrive jamais rien dans la vie, vivez-vous vraiment ?

Les épreuves que passent Buffy se produisent à des moments clés : lycée, passage à l’université, au monde adulte, décès d’un parent, arrivée miraculeuse d’une sœur, groupe d’amis qui se disloque…
Les apocalypses et le « big » monstre qui intervient en fin de saison, sont une allégorie de ces passages, ces désarrois et ces troubles. Elle lutte sans merci, non sans commettre des erreurs. A chaque fois elle en sort grandie, évoluant vers le monde des adultes avec son lot de douleurs et de contrariétés, accédant ainsi à la maturité.

Certaines de ces épreuves peuvent être comparées à des rites de passage qu’on retrouve dans les sociétés dites « traditionnelles ». Les étapes de l’existence sont symbolisées par un rituel ou un cérémonial, appliqué lors de seuils de transition dans la vie d’un individu (puberté, naissance d’un premier enfant, ménopause…). La puissance symbolique de ces rites initiatiques permet de structurer le temps, la vie de l’individu en étapes précises et de le rassurer en lui donnant une perception de sa place dans le temps, à l’échelle humaine. Ils nous permettent de passer d’un âge à un autre en le marquant d’une pierre blanche.
Aujourd’hui, nous assistons dans nos sociétés occidentales à un relâchement de ces rites, voire une quasi-inexistence (service militaire, cérémonie du mariage…). Leurs absences nous prennent au dépourvu. Laissés à nous-mêmes, ils font place à l’apparition de crises existentielles et de périodes dépressives qui apparaissent à des passages clés de l’existence, accompagnées d’interrogations. Conséquences d’une société individualiste…

A chaque âge, ses désordres…

En considérant le verre à moitié plein, ces crises sont positives : elles nous aident à progresser. Elles interviennent à des moments décisifs quand le système sur lequel nous vivons ne fonctionne plus. Il est alors temps de passer à autre chose, n’étant plus en phase. Elles agissent comme des alertes. Les ignorer, ne pas lutter, c’est se laisser mourir à petit feu.
QUESTION : Une vie sans crise mérite-t-elle d’être vécue ?

Extrait du carnet «  Réflexions intimes, par Lolita Molina Sondeval ». 16 septembre 2009

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